Le Bro Gozh de Clarisse Lavanant

Le Télégramme, 4 février 2019

Clarisse Lavanant était il y a quelques jours l’invitée du nouveau rendez-vous musical que propose Le Télégramme. Dans un espace douillet du siège de la rédaction à Morlaix (Finistère), la chanteuse a interprété des extraits de son dernier album, « Kantikoù Breizh ». Un moment de grâce.

Le guitariste-compositeur Jean-Charles Guichen avait inauguré la formule en novembre. Mardi dernier, c’est Clarisse Lavanant qui s’est prêtée au jeu du concert privé au Télégramme, pour les personnes présentes en cette fin de matinée au siège du journal à Morlaix (Finistère). Philippe Guevel l’accompagnait au clavier sur des morceaux qu’il connaît parfaitement. L’album « Kantikoù Breizh », dont ils sont extraits, a été réalisé dans son studio de Kersaudy, à Plourin-lès-Morlaix. De sa voix superbe, claire, caressante ou puissante, Clarisse Lavanant a commencé par deux titres célèbres adaptés en breton. Pour « Amazing grace » (« Incroyable grâce »), cantique emblématique du monde anglophone, elle a choisi la version de Roger Abjean, « Mont davedoc’h ».

« L’envie d’aimer » en breton

« Ar c’hoant da garout », avec lequel elle a enchaîné, sonne familier bien au-delà du cercle des fidèles. Il s’agit en effet de la traduction de « L’envie d’aimer », tube de la comédie musicale d’Elie Chouraqui et Pascal Obispo, « Les Dix Commandements ». « J’ai fait partie de la troupe des ‘’Dix Commandements’’ pendant plusieurs années, où nous avons donné des représentations dans les plus grandes salles d’Europe et d’Asie, explique Clarisse Lavanant. Ce morceau avait été traduit dans de nombreuses langues, mais pas encore en breton. Voilà, c’est désormais chose faite ! ». Le mini-concert s’est poursuivi par « Da feiz hon tadoù kozh », incontournable dans le Léon, avant de s’achever comme il se doit par l’hymne breton, « Bro Gozh ma zadoù ».

Contrairement à ce que l’on pourrait croire, ces cantiques sont joyeux

Sorti fin novembre, « Kantikoù Breizh » (Musiris) est le dixième album de Clarisse Lavanant, en 18 ans de carrière. « Il marque l’anniversaire des dix ans de La Ronde des Chapelles, indique la Morlaisienne. Au cours de ces tournées, j’ai rencontré de nombreuses personnes qui m’ont appris des cantiques en breton liés à leur propre chapelle. Mon disque est une sorte de best-of des plus connus. Ces airs accompagnent les grands moments de la vie, du baptême à l’enterrement. Contrairement à ce que l’on pourrait croire, ils sont joyeux : j’ai régulièrement des commentaires d’auditeurs dans ce sens ! ». « Le fait d’interpréter ces morceaux avec une instrumentation moderne, et notamment beaucoup de piano, leur donne un côté chanson », souligne Philippe Guevel.

Sorti en 2018 et possédant un lien évident avec la Bretagne, « Kantikoù Breizh » avait toute sa place dans la sélection des 24 albums actuellement en compétition pour le Grand Prix du Disque du Télégramme. Il en a été écarté pour la simple raison que Clarisse Lavanant fait cette année partie des professionnels qui attribueront le prix du jury, et qu’il était impossible d’être à la fois juge et partie. La chanteuse demeure la seule artiste à avoir remporté deux fois le Grand Prix : en 2014 pour son album de chanson française « L’encre à rêver », et l’an dernier avec « Harmonie », en duo avec Dan Ar Braz, élu prix du public par les internautes. C’est en tant que dernière lauréate qu’elle a intégré le jury.

Actrice dans « Noz »

En « trêve hivernale » de concerts, Clarisse Lavanant en profite pour exercer ses talents d’actrice. Elle va tourner ces prochaines semaines en Loire-Atlantique et dans le pays de Brest dans « Noz », long-métrage en breton de la réalisatrice Soazig Daniellou. Sortie au printemps 2020. Quant à Philippe Guevel, il présentera en fin d’année un album instrumental de ses compositions et publiera dès le mois de juin un CD à dominante jazz, « Collage », avec le grand saxophoniste américain Tony Pagano.

Frédéric Jambon

 

Tournoi des 6 nations: quand l’hymne national gallois s’imposa à Arms Park, Cardiff

En cette période de Tournoi des 6 nations, l’occasion de rappeler que l’hymne national gallois, Hen Wlad fy Nhadau, dont s’inspire l’hymne national breton, Bro Gozh ma Zadoù,, s’imposa contre le God save the Queen anglais, le 23 mars 1968, lors de la rencontre Pays de Galles – France, à Arms Park, à Cardiff. Un moment historique qui devait aboutir après diverses péripéties à son interprétation généralisée au Pays de Galles en lieu et place du God save the Queen désormais interprété uniquement dans des conditions particulières, notamment lors des visites de la famille royale.

Tournoi des 6 nations: où l’on parle des hymnes nationaux gallois et breton

Le pays de Galles n’est pas en Angleterre. En 1968, le public gallois siffle copieusement le « God Save the Queen », avant d’entonner de manière tonitruante le « Land of my fathers ». Histoire de pousser derrière leurs Diables rouges. Peine perdue cette fois. Les Français s’imposeront 14-9 grâce notamment aux frères Cambé, et remporteront surtout le premier Grand Chelem de l’histoire du rugby français.

Le Dauphiné, 1er février 2019

Tournoi des VI Nations : hymne à l’amour de l’ovale

Le Tournoi des V, puis des VI Nations, a de tout temps poussé les supporters à donner de la voix. De Murrayfield au Stade de France, du Millennium Stadium à Twickenham, de l’Aviva Stadium au Stadio Olimpico, chaque année des milliers poitrines se gonflent d’un même air pour déclamer un soutien indéfectible à leurs favoris. Entonnant des hymnes, plus ou moins officiels, pour pousser derrière leurs joueurs. À l’occasion de l’édition 2019, nous vous convions à un petit tour d’Europe, au fil des adversaires des Bleus. Petite histoire de ces chants qui transpirent le rugby avec, ce vendredi, le « Land of my father » des Gallois.

LAND OF MY FATHERS : LE GRAIN DE CELTE

En préambule à l’explication sur le pré, s’il y a bien un chant qui vous “fout les poils”, qui vous prend aux tripes de la première à l’ultime note, c’est bien « Land of my fathers ». Ou plus exactement… « Hen Wlad fy Nhadau ».

Du gallois dans le texte. Ce vieux pays de mes ancêtres, les fans des Diables rouges l’attaquent dans les graves, les larmes aux yeux et une pinte de bière à la main. Un chant qui fait trembler le Millennium Stadium (note PBGMZ: Principality Stadium désormais)  autant que l’adversaire du jour venu s’égarer dans cette terre hostile. Des paroles sorties de l’imagination d’Evan James et mises en musique par son fils James James. Ça ne s’invente pas. Du welsh pur jus on vous dit !

Cela parle de la patrie défendue par les mers, de guerriers nobles et vaillants, de poètes, mais par-dessus tout de cette langue ancienne que l’on veut éternelle dans ce pays de Galles. C’est d’ailleurs le seul hymne du rugby britannique qui n’est pas entonné en anglais !

Cela parle de la patrie défendue par les mers, de guerriers nobles et vaillants, de poètes, mais par-dessus tout de cette langue ancienne que l’on veut éternelle dans ce pays de Galles. C’est d’ailleurs le seul hymne du rugby britannique qui n’est pas entonné en anglais ! Presque du breton. Hasard ? Pas tout à fait car on retrouve dans le « Bro gozh ma zadoù », considéré comme l’hymne officieux de la Bretagne, les mêmes thèmes déclamés sur… le même air.

Une fois n’est pas coutume, le Bro Gozh version galloise à la Rabine !

Le stade de la Rabine à Vannes fait résonner le Bro Gozh à chaque rencontre à domicile du RCV, le rugby club de Vannes et c’est à chaque fois un moment inoubliable. Ce dimanche, c’est le Hen Wlad fy Nhadau, l’hymne national gallois dont s’inspire directement le Bro Gozh, que l’on entendra pour le match entre les équipes de rugby galloise et française (- de 20 ans).

Ouest-France Dimanche, Sports.

Le Bro Gozh pour Matilin an Dall

Le Télégramme, 29 janvier 2019

Il y a 230 ans naissait Mathurin Furic plus connu sous le nom de Matilin an Dall. Ce mardi matin, rue Gauguin à Quimperlé, devant la maison où il a vu le jour, ses Amis, en présence du maire Michaël Quernez, lui ont rendu un hommage appuyé. Sous le porche de l’église voisine, la petite vingtaine de personnes s’est replongée succinctement dans l’histoire familiale de celui qui a été qualifié de meilleur sonneur de tous les temps. Après le Bro Gozh ma Zadoù, l’hymne breton chanté sous le porche, c’est devant sa maison qu’ont sonné biniou et bombarde.

L’histoire de Matilin an Dall, de son vrai nom, Mathurin Furic, est connue. Il est né à Quimperlé, place Saint-Michel, le 29 janvier 1789. Surnommé l’aveugle, il a été reconnu vers 1815 comme l’un des maîtres de la bombarde en Bretagne. Dans un ouvrage Bernard de Parades, Christian Morvan, Fañch Postic et Patrick Malrieu sont revenus sur la naissance de ce mythe. À l’occasion du 230e anniversaire de sa naissance, une cérémonie est organisée ce mardi par Mignoned Matilin an Dall, les Amis de Matilin an Dall. Un « hommage simple » en présence notamment des sonneurs en couple Thieriot-Perennou.


Une nouvelle plaque en 2017


Alors qu’il est encore tout jeune, la variole qui frappe Mathurin et lui fit perdre la vue le conduisit à l’hospice de l’Hôpital Frémeur. L’histoire veut que c’est là que le garçon se soit orienté vers la musique. Une certitude, le petit Mathurin trouve sa voie. Devenant même, quelques années plus tard, l’un des plus grands sonneurs de Bretagne. Matilin an Dall a joué devant le roi Louis-Philippe 1 er aux Tuileries. En 1858, il joue devant Napoléon III, lors d’une visite de ce dernier à Quimper. En juin 2017, une plaque à sa mémoire est apposée sur le mur de sa maison natale, 2, rue Paul-Gauguin. Cette plaque est venue remplacer celle posée en 1949 sous l’égide de Bogadeg ar Sonerion. Des recherches menées par plusieurs historiens avaient permis de conclure que le talabarder était finalement né dans la maison voisine.

Dans une gavotte de l’Aven écrite par l’Abbé Quéré, il est brossé le portrait d’un virtuose, qui, du haut de sa barrique, est heureux de faire danser les gens. Mort le 14 septembre 1859, Matilin an Dall est honoré tous les ans par ses Amis, association créée à Quimperlé en mars 2003, qui en infatigable passeur continue de porter haut la mémoire du sonneur quimperlois.

Détail de la plaque de 2017 qui marque la maison où est né le sonneur.

Détail de la plaque de 2017 qui marque la maison où est né le sonneur.

Tréboul: le Bro Gozh avec Mouezh Port-Rhu

La main sur le cœoeur, les chanteurs et les musiciens de Mouez Port-Rhu ont repris l’hymne breton qu’ils avaient interprété en 2009, lors de la finale de la Coupe de France de football devant 80.000 spectateurs.

Le Télégramme, 25 janvier 2019

Avant le vide-greniers, salle Jules-Verne et un hypothétique fest-noz dans l’enclos de la chapelle Saint-Jean, l’association Bon vent à Tréboul organisait, mercredi, une galette des Rois. Les cinquante pensionnaires de la résidence du Golven se sont laissés embarquer par Mouez Port-Rhu et son répertoire de chants de marins.

« De nombreux résidents sont issus de familles de marins. Cette galette en chansons, c’est notre façon de montrer à nos anciens qu’on ne les oublie pas », défend Thierry Celton, le président de l’association de quartier. « Cette animation était attendue avec impatience par nos résidents », confirme Orléane Brouillet, l’animatrice du foyer. Joël Perrot et son joyeux équipage ont entonné des chants de marins, mais pas seulement. Mouez Port-Rhu a aussi interprété des titres repris en chœur par les pensionnaires comme « Les Amants de Saint-Jean ». La prestation du chœur douarneniste s’est terminée par l’hymne breton le Bro Gozh ma Zadoù. La date du fest-noz organisé par l’association est arrêtée au mercredi 31 juillet. Reste à savoir si Bon vent à Tréboul pourra occuper le placître de la chapelle Saint-Jean. À l’assemblée générale, le maire François Cadic avait fait savoir qu’il n’y était pas favorable. L’association trébouliste doit être reçue en mairie en février. « J’ai le soutien des adhérents et de nombreuses associations. Pas question d’organiser la fête sur l’esplanade du Rheun ! », confie Thierry Celton qui espère bien voir le maire revenir sur sa décision.

Le Bro Gozh pour le derby breton Rennes – Nantes

Bro Gozh chanté par Andrea Aziliz Mevel au Roazhon Park le 11 novembre 2018 pour le match Rennes-Nantes, accompagnée par l’amicale des anciens du Bagad de Lann Bihoué sous la direction musicale de Bertrand Casteret.