Kervignac: le Bro Gozh avec Telenn Band et Kanerion an Oriant

Le Télégramme, 15 février 2017

kervignac

Il faisait 2º dehors et très froid à l’intérieur de l’église Notre-Dame-de-Joie,Kervignac, dimanche après-midi. C’est donc à un exercice rendu difficile que sont livrés les sept harpistes de Telenn Band et les choristes de Kanerion An Oriant se donnaient un concert. Les 50 spectateurs n’ont pas vu trace des doigts engourdis et des voix refroidies et ont profité des sept morceaux de harpes et des 13 chansons présentées avant un final commun sur Me Zo Ganet et Bro Gozh Ma Zadou et Kenavo.
La chorale recherche des voix. Tél. 06.82.92.70.95.

Veillée bretonne à Quimper avec le Bro Gozh.

<span class="Htexte_gras">1. </span>Les choristes avec Georges à la guitare et...
La veillée bretonne, proposée mardi en fin d’après-midi au bar le Finnegans, rue Aristide-Briand, a attiré une trentaine de personnes heureuses de partager quelques chansons et bonnes histoires. Bernard Le Rest est à l’origine de ce sixième rendez-vous

Plafond bas, boiseries, lumières tamisées : l’étage du Finnegans se remplit peu à peu ce mardi après-midi. Bernard Le Rest a invité par voie de presse à une veillée bretonne avec contes et chansons.

Le micro circule

Par principe la veillée est informelle. Le micro circule, chacun descend commander son verre à sa guise. « C’est la sixième fois que nous organisons cette veillée, précise Bernard Le Rest, qui fait office d’animateur et chante lui-même dans les chorales Mouezh Paotred Breizh et Mouezh Bro Konk. Nous avons commencé il y a deux ans en nous inspirant des grandes veillées qui ont lieu dans le Léon et le Trégor et attirent des centaines de personnes ».

Plus intime, mieux partagée

À Quimper, les rendez-vous sont plus intimes. « C’est la troisième fois que nous venons au Finnegans. L’établissement à une ambiance pub qui convient, le patron a été très accueillant et l’assistance plus limitée facilite la participation de tous. Sinon, nous avons aussi organisé des veillées rue du Sallé ou rue Astor, pour la Fête de la musique ou le Festival de Cornouaille ». Ce mardi, au Finnegans, une trentaine de personnes s’est déplacée. Il y a Georges et sa guitare, qui a traduit en breton « La montagne » de Jean Ferrat et se lance accompagné au saxophone par Briac. Bernard donnera aussi une version en breton d’une autre chanson de Ferrat sur un poème d’Aragon « Que serais-je sans toi ? » et Jean « Le métèque » également en breton. L’exercice de la reprise en breton d’un standard n’est pas évident. Mais qu’importe, le principe de la veillée est d’oser se lancer et d’écouter avec bienveillance.

Bro Gozh final

Et la surprise est toujours là quand une voix magnifiquement posée entonne une belle chanson en français et breton ou quand Christophe entonne une longue gwerz. Le tout est entrecoupé de contes. Lanig de Briec fait un tabac avec son histoire de souris, tandis que Bernard, également avec une souris conquiert la salle avec sa leçon de bilinguisme. Les non bretonnants sont sans doute un peu à la peine car les traductions ne suivent pas toujours. Mais l’ambiance est décontractée, surtout quand une petite chorale réunissant des chanteuses de Mouezh Bro Konk et Kanerien Sant Meryn, se rejoignent pour quelques tubes du répertoire breton. En cette fin d’année, l’initiative était donc idéale pour un moment de retrouvailles chaleureux. Après trois heures de chants et contes ce mardi, la veillée s’est terminée vers 19 h sur un Bro Gozh. Prochain rendez-vous, en mai, dans le cadre de la Fête de la Bretagne, avec Ti ar Vro.

Où l’on parle de plantes et … du Bro Gozh …..

Le Télégramme, 4 décembre 2016

Comme les autres pays de culture celtique, la Bretagne veut un plant pour emblème. L’Irlande a le trèfle, l’Écosse le chardon, le pays de Galles le poireau… Et l’Armorique cabocharde cherche le sien, à l’initiative de l’Institut culturel de Bretagne qui a lancé une consultation. 800 réponses argumentées ont été reçues et dans le bouquet on trouve l’ajonc, l’hortensia, l’artichaut, le blé noir… Toutes les propositions sont sur la table. Enfin presque toutes, car nous nous permettons d’en ajouter à la liste.

Par exemple, le kersauson gueule-de-loup qui pousse sur les rivages et que les randonneurs effeuillent en se demandant si la pluie ne va vraiment mouiller que les cons. Ou encore la marylise du Léon qui se complaît dans les sous-bois très branchus. En tisane, elle a des vertus appréciées des fonctionnaires fourbus puisqu’elle leur permet de sécher le maille sans souffrir de carence. Pendant au moins un jour.

On trouve aussi le drian bicéphale qui s’est adapté aussi bien aux bords de la Vilaine que de la Seine mais peut-être plus pour des lustres.

Ou encore le goulard du Golfe que l’on peut planter dans son jardin en évitant de le mélanger avec de la sarkozette naine. Il suffit de creuser un petit fillon dans lequel on incorpore environ 66 % d’extraits d’urnes primaires pour une bonne pousse au printemps.

Parmi les autres variétés bretonnes, on a aussi le hinault jaune aux pétales en forme de pédales, apprécié des blaireaux, ou encore le troadec à bonnet, espèce urticante qui guérit du jacobinisme si on la prend en décoction avec des feuilles de mérette. On a aussi le stivell déplumé qui a la particularité de produire des sons harmonieux quand on lui pince la tige, ce qu’il ne faut surtout pas faire avec la nolwenn armoricaine à mirettes bleues. Et bien sûr, on a le darvor poivré pour faire de jolis bouquets à poser à côté de la télé. On espère que le jury voudra bien prendre en compte ces suggestions et qu’il saura faire un choix ferme et définitif. Sinon, après leur avoir déjà emprunté leur hymne national pour en faire le « Bro Gozh », on serait fichus d’opter pour le poireau, l’emblème de nos ancêtres les Gallois.

René Perez

Prix Bro Gozh 2016, le dimanche 4 décembre à Plouguerneau.

Le Télégramme, 24 novembre 2016

invitation-gouel-bro-gozh-2016-recto

Le Prix 2016 Bro Gozh, l’hymne national breton, revient à la fédération Kanomp Breizh qui regroupe les chorales d’expression bretonne et organise le dimanche 4 décembre, à Plouguerneau, la 35e édition du Festival Breizh a Gan.

Alan Stivell, Nolwenn Leroy ou le Stade Rennais ont été les précédents lauréats du prix Bro Gozh. Cette récompense, créée en 2010, distingue la personne, l’artiste, l’association ou l’institution ayant assuré la meilleure promotion de l’hymne national breton au cours de l’année précédente. Une initiative soutenue par le conseil régional. Le prix 2016 sera décerné par Lena Louarn, vice-présidente du conseil régional chargée des langues de Bretagne, à la fédération Kanomp Breizh, mettant ainsi en valeur le travail réalisé par les chorales d’expression bretonne depuis des décennies et leur rôle dans la transmission du Bro Gozh. La remise des prix aura lieu lors de la 35e édition du festival de chant choral breton Breizh a Gan, qui aura lieu le dimanche 4 décembre en l’église de Plouguerneau. Il réunira cinq chorales du Léon et l’ensemble choral Kanomp Breizh, qui rendra hommage à René Abjean pour ses 80 ans en interprétant la cantate « Ar Marh dall » (« Le cheval aveugle »).

 

Un trophée met en valeur un événement


Cette année, outre le prix Bro Gozh matérialisé par une œuvre de l’artiste gallois Ieuan Rees, un trophée Bro Gozh réalisé par les ateliers Toulhoat a été créé pour mettre en valeur un événement. C’est le Comité d’organisation des championnats de luttes celtiques (Cocelic), organisateur des rencontres internationales de lutte à l’Arena de Brest, qui l’obtient pour avoir intégré dans son protocole le Bro Gozh. « On essaye de promouvoir le Bro Gozh dans tous les milieux y compris le sport. Au pays de Galles, lors des matches, tout le monde chante l’hymne national gallois. Plusieurs clubs s’y mettent. C’est le cas du club de rugby de Vannes », souligne le président du comité, Jacques-Yves Le Touze. Le « Bro Gozh ma Zadoù », l’hymne breton qui signifie « Vieux pays de mes pères » et dont la mélodie est inspirée de l’hymne national gallois, est également joué en Cornouaille Britannique et par le peuple Khasi dans le nord-est de l’Inde.

Dimanche 4 décembre à 15h, Église Saint Pierre et Saint Paul, Plouguerneau .

Emma, la Suédoise qui évoque le Bro Gozh.

Emma Oxenby Wohlfart, historienne suédoise de 30 ans, vit en Finistère depuis trois ans. Un choix de vie, pour lequel elle a tout quitté de son pays natal.

Emma Oxenby Wohlfart, historienne suédoise de 30 ans, vit en Finistère depuis trois ans. Un choix de vie, pour lequel elle a tout quitté de son pays natal.

Le Télégramme, 11 juillet 2015, par Anne-Cécile Juillet

Suédoise par naissance, Bretonne par choix : voilà comment Emma Oxenby Wohlfart se présente. En 2011, la trentenaire a quitté sa Suède natale et a posé ses valises en Bretagne. Au point d’apprendre le breton et de raconter sa nouvelle vie sur un très joli blog, « Entre coq et hermine ».

La Toyota Corolla était pleine à craquer. « Les valises… Le chien… Un vieux coffre de famille… Et mon mari ! », énumère Emma en riant. Et puis voilà : ils sont partis. Finie la vie à Höör dans l’extrême sud de la Suède ; terminées les journées d’hiver « sans jamais voir le soleil » ; cap au suroît, 2.000 kilomètres plus loin ! C’était il y a bientôt quatre ans, et toujours aucun regret. Dans le for intérieur d’Emma, historienne de 30 ans, il y avait depuis longtemps ancrée cette envie de vivre en France, pays chéri des vacances d’été de son enfance. « Avec mes parents, nous avons visité un nombre incroyable de coins comme la Normandie, la Champagne, la Bourgogne, se souvient-elle. Jamais la Bretagne, étonnamment ».

Un choix statistique

Pourquoi, alors, venir ici plutôt qu’ailleurs ? « Au départ, c’était un choix tout à fait raisonné, détaille Emma. Pendant deux ans, alors qu’avec mon mari, Magnus, notre projet de vivre en France prenait corps, j’ai étudié tout un tas de statistiques sur la France. Région par région, j’ai épluché les taux de chômage, le climat, le coût de l’immobilier… C’est la Bretagne qui l’a emporté haut la main selon nos critères ! ». L’occasion pour elle d’affirmer, au passage, ne pas comprendre les gens qui réduisent le climat armoricain à une succession d’averses. « Je vous assure que l’hiver, il pleut bien plus dans le sud de la France qu’en Bretagne », plaide-t-elle, très sérieusement. Après tout, ce sont les statistiques qui le disent… Elle se souvient de leur arrivée, dans un petit village du côté de Josselin (Morbihan) avec son Magnus qui ne parle pas un mot de Français, elle à peine plus, et ce voisin qui les a pris sous son aile, leur a ouvert les portes de sa maison, les a invités à fêter Noël : « En Suède, je ne connais personne qui aurait fait ça ! ». Depuis, le couple a quitté le Morbihan pour retaper une vieille longère, à Bolazec (29), entre Morlaix et Carhaix. Emma, historienne de formation, vit de son activité de rédactrice free lance, tandis que son mari compose des mélodies publicitaires qui partent en Grande-Bretagne ou aux États-Unis. « Avec internet, Bolazec, c’est le centre du monde ! », s’exclame-t-elle.

« Nous, les Bretons de coeur ! »

Assez rapidement, les raisons statistiques de leur installation vont être balayées par des raisons que la raison ignore… « Je suis tombée amoureuse de la Bretagne. C’est bien simple, ici, j’aime tout. Il n’y a que le beurre salé, j’ai un peu de mal, pour l’instant je ne parviens à avaler que le demi-sel ! ». Elle trouve « la Bretagne tout le temps verte, ouverte. J’aime son climat, et ici les gens sont sympas et fiers d’être bretons. Ça me plaît ! ». Pas étonnant, lorsque l’on apprend que la mère d’Emma l’a nourrie à l’amour de la Scanie, sa propre région, en Suède. « Le régionalisme était dans le lait maternel ! », analyse-t-elle. « Et puis, complète Emma, c’est le Bro Gozh (l’hymne breton) lui-même qui le dit :  » Ni, Breizhiz a galon « , ce qui veut dire  » Nous, les Bretons de coeur  » ! Ce n’est pas une question de sang ou de naissance ».

Pour accélérer son apprentissage du français, Emma ouvre un blog, peu de temps après son arrivée. Aujourd’hui, ce site internet (*) sonne comme une déclaration sans cesse renouvelée à son « bro » d’adoption. Elle y recense avec esprit et curiosité les aléas de sa nouvelle vie. Interroge les clichés bretons avec une bonne dose d’autodérision, se hasarde à la cuisine locale, fait partager des endroits qui l’ont subjuguée… Et espère en faire un espace de discussion avec « ceux qui aiment la Bretagne et ceux qui ne la connaissent pas encore ». Dernier défi en date : apprendre le breton, histoire de s’assimiler encore plus à sa terre d’élection. « Pour cela, j’ai téléchargé trois ans de programmes télé bilingues », s’esclaffe Emma. « Emma er vro », sourit-elle. Emma en son pays.

Le blog d’Emma : http://entrecoqethermine.fr