Le Bro Gozh chanté pour l’amitié brito-allemande

A l’occasion du 50 ème anniversaire du jumelage brito-allemand entre Lindenfels et Moëlan sur mer, une chorale éphémère s’est créée dans les deux villes. Ces deux chorales composées de volontaires qui pour la plupart n’avaient jamais chanté des chants harmonisés, ont travaillé chacune de leur coté trois chants.

– Tief im Odenvald, chant traditionnel de la région de Lindenfels, chanté en Allemand .

– Le Bro Gozh ma Zadoù, chanté en Breton.

– L’hymne européen, chanté en alternance en Allemand et en Français.

Cet ensemble composé de près de 70 choristes (dont certains avaient endossé le costume traditionnel de leur région) a présenté une prestation fort appréciée par le public et les personnalités locales et régionales des deux pays invités pour cette cérémonie officielle dont Mme Grossetete , députée Européenne.

Week-end de la Pentecôte 2018.

Plijadur o kanañ. L’émotion pour le Bro Gozh.

À gauche, Dan ar Braz et Clarisse Lavanant ont chauffé la salle de Brocéliande. À droite, Jakez ar Borgn a appelé le public à trouver des rimes avec mobylette, comme Paulette, Josette, Jeannette, et bien d'autres.

Dan ar Braz et Clarisse Lavanant ont chauffé la salle de Brocéliande.

Le Télégramme, le 24 mai 2018

Ils étaient un peu plus de 300, lundi, à l’Espace Brocéliande, à Ploudaniel  à assister à POK 2, ou Plijadur o kanañ (du plaisir à chanter en breton), parrainée par les talentueux Dan ar Braz et Clarisse Lavanant. Les deux artistes ont enflammé le public avec leurs chansons de l’album commun « Harmonie ». Le chanteur et musicien breton n’a pas manqué de rappeler, avant d’interpréter Diwanit Bugale, que cette même chanson avait représenté la France au concours de l’Eurovision en 1996, à Oslo. Avant de laisser les amateurs monter sur scène, il a lancé : « je ne suis pas bretonnant, mais je parle la Bretagne. Merci aux paysans d’avoir continué à parler cette langue ».

 

Fraîcheur, humour et communion


Durant plusieurs heures, en solo, duos et même trio, les chanteurs bretonnants se sont retrouvés sur la scène de Brocéliande. « Un grand vent de renouveau et de confiance en l’avenir, car près de la moitié des chanteurs avaient moins de 30 ans », se réjouit Hervé Lossec. Le trio magique Perynn, Maela et Gwenn a subjugué les spectateurs, par sa fraîcheur, son originalité et sa création. Dans un autre registre, le trublion Jakez ar Borgn, qui allie humour, jeu de scène sur une voix des plus mélodieuses, les a fait rire et participer, avec son titre « La mobylette ». En fin de spectacle, au moment du « Bro Goz ma zadoù», la salle et les artistes étaient en communion, Clarisse, dans une robe rouge somptueuse a ému le public.

1898-2018, l’éternelle jeunesse de l’hymne breton, Bro Gozh ma Zadoù

Ouest-France, 21 janvier 2018

par Bernez Rouz

C’est un tisserand gallois et son fils qui créèrent, en 1856, cet hymne à la terre natale. Cette mélodie Glan Rhondda (les rives de la rivière Rhondda) devint rapidement populaire dans le réseau des chorales galloises. Son titre trop local fut remplacé par la première strophe Hen Wlad fy Nhadau (le vieux pays de mes pères).

C’est le pasteur protestant gallois de Quimper, W.J. Jones, qui adapta le premier ce chant en breton sous la forme d’un cantique Doue ha va bro (Dieu et mon pays) publié en 1895. Pep breizhat tomm-galon a gar mat e vro, Bro Arvor ‘zo brudet dre’r bed tro war-dro; Er brezel kalonek, hon tadoù ervat A skuilhas eviti o gwad (Chaque Breton de cœur aime son pays.. L’Armor est connu de par le monde. Courageux dans les guerres, nos aïeux versèrent leur sang pour lui). Cette version religieuse protestante n’avait aucune chance d’être popularisée vu la prépondérance écrasante de l’Eglise catholique à l’époque.

Chant national breton

Une autre version écrite par François Taldir Jafrennou fut publiée dans un journal catholique de Morlaix en 1898: Breizh, douar ar sent kozh, douar ar varzhed, N’eus bro all a garan kement ‘barzh ar bed. Pep menez, pep traoñienn, d’am c’halon ‘zo ker, Eno kousk meur a Vreizhad taer (Bretagne, terre des vieux saints, des bardes, il n’est d’autres pays du monde que j’aime autant. Chaque montagne, chaque vallée sont chères à mon coeur. Là dorment plus d’un Breton héroïque).

Le Bro Gozh, symbole des relations interceltiques, est adopté comme « chant national breton » par l’union Régionaliste Bretonne en 1903. Le refrain rappelle que la mer n’est pas un obstacle mais un lien entre les peuples: O Breizh, ma bro, me gar ma bro. Tra ma ‘vel mur ‘n he zro, Ra vezo digabestr ma bro ! (O Bretagne, mon pays, j’aime mon pays. Tant que la mer sera comme une frontière autour d’elle, Que mon pays s’en affranchisse).

Dépassant rapidement les cercles militants, il devient très populaire entre les deux guerres. Le maréchal Foch en 1920 à Morlaix, puis plusieurs présidents de la République, sont accueillis aux accents du Bro Gozh.

Il a été consacré récemment à Rennes par l’émouvante interprétation de l’Orchestre Symphonique de Bretagne. Les Gallois, les Cornouaillais, les Bretons et le peuple Khasi en Inde peuvent être fiers de leur hymne commun à l’accent humaniste et international.

Dimanche à Melgven: le Bro Gozh de Lyz’An et Thierry K

Lyz’An, photo Ouest-France

Ouest-France, 18 janvier 2018

La chanteuse Lyz’An… une voix puissante pour défendre sa chanson française. Avec Thierry K, le duo se produit depuis quatorze ans.

Si Lyz’An se définit comme une chanteuse effrontée, pétillante, Thierry K est la discrétion, presque surjouée. Le duo sillonne les routes, depuis bientôt quatorze ans, avec un répertoire de reprises de 850 titres.
Mais cette année, Lyz’An veut mettre l’accent sur leur créativité. La Fille de Concarneau (dernier E.P) veut surfer sur la vague à contre-courant. « En ce moment, tout le monde sort des disques de reprises et nous, nous allons faire le contraire, en défendant nos propres compositions. »

Le cœur sur la main

Dimanche prochain, à l’église, l’artiste va se permettre quelques reprises pour rendre un petit hommage à France Gall, avant de dévoiler son nouveau programme, de la chanson française sans étiquette, dans une ambiance rétro, électro-pop. Et comme les Bretons tiennent à leur terre, tout comme Lyz’An à ses racines franco-québécoises, elle a envie de faire un clin d’œil à la Bretagne, en interprétant le célèbre Bro gozh ma zadoù (Vieux pays de mes pères).
C’est dans sa vocation d’artiste de tendre la main et c’est bien pour cela qu’elle a invité, pour le concert, l’association melgvinoise, Je Ted Maël, à tenir un stand pour soutenir l’action de Christine, mère d’un enfant autiste.« Je crois que c’est pour cela qu’on m’a donné cette voix, dit la chanteuse. Il faut bien que ça serve à quelque chose. Je ne suis pas là pour faire la révolution, mais si je peux faire un peu bouger les consciences. »
« On a un chouette parcours mais parfois pas assez relayé sur les ondes », souligne Lyz’An. Pourtant, il se passe de belles choses près de chez soi. Le duo a écumé toutes sortes de scènes, les petites jauges en passant par la fête de l’Humanité, à Paris, et plus de 1 000 dates au compteur et quelques télévisions.

Du nouveau dans les bacs

Après cette première date melgvinoise, Lyz’An et Thierry K vont rejoindre le reste du groupe, un bassiste, un batteur et un guitariste pour promouvoir le CD, La Fille de Concarneau, tout en préparant un nouvel album, qui sortira en janvier 2019.
Pour faire patienter son public, c’est le clip du titre, Bienvenue en Finistère, dans sa version acoustique, qui verra le jour au printemps prochain.

Dimanche 21 janvier, 17 h, à l’église. L’entrée se fait au chapeau, vous donnez ce que vous voulez.

Le Bro Gozh inaugure la nouvelle salle de l’Orchestre de Bretagne

osb couvent jacobins

Unidivers, 15 janvier 2018

L’Orchestre symphonique de Bretagne (OSB) a investi sa nouvelle salle de concert au Couvent des Jacobins. Il nous aura fallu faire preuve de patience avant que les travaux qui rendaient impossible toute circulation dans cette partie historique du centre-ville de Rennes s’achèvent. C’est fait : les mélomanes rennais ont pu accéder mercredi 10 et jeudi 11 janvier à la salle de concert qui accueille désormais l’OSB dans ses œuvres. Présentation.

Nous voilà dans la nouvelle salle de concert de l’OSB sise au Couvent des Jacobins. Tout n’est pas terminé, quelques détails restent à régler, mais avec le temps et l’addition d’un peu de vie, l’impression de froideur de ces grands espaces blancs très éclairés s’estompe au profit d’une foisonnante et chaleureuse activité.

La soirée commence avec l’hymne gallois Hen Wlad Fy Nhadau immédiatement suivi de l’hymne breton Bro Gozh ma Zadou dont il serait difficile de nier qu’ils sont à peu de choses près copie conforme (NB PBGMZ: en fait c’est l’inverse, l’hymne breton a été suivi de l’hymne gallois). On ne peut s’empêcher de les relier musicalement à des œuvres comme celle que propose Sir Edward Elgar dans ses Pomp and circumstances, notamment Land of hope and glory.

C’est ensuite avec une œuvre du peu connu musicien anglais Ralph Vaughan Williams Serenade to music que se poursuivait ce programme inaugural. Ce sont de bien belles mélodies, pleines de douceur et d’intériorité, qui permettent au premier violon, Fabien Boudot, récemment recruté, de s’exprimer face à son nouveau public. Il n’est pas seul, car plus de 150 choristes donneront de la voix et dessineront dans ce nouvel auditorium un paysage musical apaisé et lyrique.

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