Bretagne. Johanna Rolland et le « vieux pays »

Johanna Rolland n’a pas réussi à prononcer le mot Bretagne, lui préférant le terme imagé de « vieux pays ».

Le Télégramme, 25 mai 2018

Mardi, lors de la présentation d’un nouveau pass touristique concernant l’est de la Bretagne, de Saint-Nazaire à Saint-Malo, Johanna Rolland, la maire de Nantes, s’est abstenue de prononcer le nom de la Région et vieux duché. Une précaution oratoire qui vaut à l’élue d’être épinglée par le comité « Bro Gozh ».

Mardi, la chose avait été remarquée par plusieurs observateurs, lors de la présentation à la presse du nouveau pass touristique « Traversée moderne d’un vieux pays ». Les mots « Bretagne » et « breton » étaient quasiment tabous dans les interventions des promoteurs du concept, à commencer par les maires de Nantes, Rennes, Saint-Nazaire et Saint-Malo. Une absence étonnante dans la mesure où le « vieux pays » support de cette communication n’était autre que l’ancien duché dont les souverains résidaient dans un château situé à Nantes.

Interrogée sur ce paradoxe par Le Télégramme, Johanna Rolland, la maire de Nantes, tentait une explication : « Notre choix est de casser la logique institutionnelle pour une logique de projet. On n’est pas dans un slogan marketing unique, on veut résolument autre chose ».

Une précaution oratoire qui n’a pas échappé au comité Bro Gozh dont l’objectif est la promotion de l’hymne breton. Dans un communiqué, il juge tout d’abord que « c’est une excellente chose que Nantes s’intéresse au reste de la Bretagne et se rende enfin compte que sans la Bretagne, elle n’existe pas internationalement parlant ». Revenant ensuite sur cette omission volontaire, il parle de « non-dits » et de « palinodies ridicules ».

Et de conclure : « La solution est pourtant simple, la réunification de la Bretagne, tout le monde y gagnera, y compris Nantes qui entrera enfin dans le club assez restreint finalement des capitales connues et reconnues de régions connues et reconnues internationalement à l’instar de Cardiff au Pays de Galles ou encore Munich en Bavière et bien d’autres. Et pour ce jour que nous espérons proche et qui verra enfin la démocratie respectée et la grande famille bretonne réunie, notre Comité s’engage à organiser un “Bro Gozh” d’enfer au centre de Nantes. Notre “vieux pays” dans toute son actualité et sa modernité ».

Où l’on parle du Bro Gozh sans le citer…..

La presse vient de nous apprendre que Le Voyage à Nantes ( l’office du tourisme nantais ) lançait un nouveau produit “La traversée moderne d’un vieux pays” en collaboration avec les villes de Rennes, Saint-Nazaire et Saint-Malo.

C’est une excellente chose que Nantes s’intéresse au reste de la Bretagne et se rende enfin compte que sans la Bretagne, elle n’existe pas internationalement parlant.

Mais ce qui est curieux pour le moins, c’est la manière dont Mme Rolland, maire de Nantes, a tout fait, lors de la conférence de presse présentant le projet, pour éviter de prononcer le mot “Bretagne” . Il faut donc comprendre que l’expression    ”vieux pays” parle de la Bretagne, qualifie la Bretagne, sous-entend la Bretagne tout en évitant le mot tabou.

Au Comité Bro Gozh, nous savons ce qu’est le “vieux pays”, c’est notre Bro Gozh et c’est la Bretagne tout simplement. Reprendre une expression de l’hymne national breton pour évoquer la Bretagne tout en évitant d’en parler est pour le moins curieux et paradoxal.

Bref, pour en finir avec ces non-dits, ces palinodies ridicules, la solution est pourtant simple, la réunification de la Bretagne, tout le monde y gagnera, y compris Nantes qui entrera enfin dans le club assez restreint finalement des capitales connues et reconnues de régions connues et reconnues internationalement à l’instar de Cardiff au Pays de Galles ou encore Munich en Bavière et bien d’autres .

Et pour ce jour que nous espérons proche et qui verra enfin la démocratie respectée et la grande famille bretonne réunie, notre Comité s’engage à organiser un “Bro Gozh” d’enfer au centre de Nantes . Notre “vieux pays” dans toute son actualité et sa modernité.

Comité Bro Gozh

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Le Bro Gozh pour Océane ?

Les trois lauréates du concours entourées des responsables de la Georges Baptiste et de leurs professeurs de service respectifs. Au centre, de gauche à droite : de la troisième à la première place.

L’Hôtellerie, 31 janvier 2018

La coupe Georges Baptiste, la plus prestigieuse des compétitions de service pour les écoles hôtelières comme pour les professionnels, est de retour dans les filets de l’école hôtelière mévennaise. Le lycée hôtelier Notre-dame, l’une des deux écoles françaises les plus titrées pour cette compétition, s’est donc rendu le mardi 30 janvier au lycée Louis Guilloux de Rennes pour affronter 7 autres écoles pour cette finale régionale. Au total, 15 candidats se confrontant dans le cadre de 8 épreuves.

Le lycée mévennais avait envoyé deux élèves, Océane Campion-Cardinal et Elisabeth Desoulle, pour tenter de ravir le titre tant convoité. Les compétiteurs ont vu ainsi se succéder les 8 épreuves suivantes : écrit d’une heure, flambage d’une poire, découpage d’un poulet, filetage d’une truite, commercialisation d’un porto avec la décoration d’une table, analyse sensorielle d’un Brie de Meaux, prise de commande avec notion d’anglais et enfin réalisation d’un cocktail à base de whisky.

Les membres du jury ont eu à départir de brillants candidats ; aucune école n’a démérité dans cette compétition d’un haut niveau. Océane décroche ainsi la médaille d’or, Elisabeth, la médaille de bronze, une élève du lycée hôtelier de La Guerche s’intercalant entre elles deux, toutes trois composant ainsi un podium 100 % féminin.

C’est une victoire de toute une équipe, qui soutiendra à nouveau Océane, au moins jusqu’au 19 mars prochain à Paris à l’école hôtelière Médéric, où se déroulera la finale nationale et où, espérons-le, résonnera à la fin de l’épreuve, le « Bro gozh ma zadoù », le fameux hymne breton. Pour la Georges Baptiste, l’école peut peut-être également se plaire à rêver, à nouveau, de titres internationaux ; elle en a déjà remporté plusieurs par le passé !

1898-2018, l’éternelle jeunesse de l’hymne breton, Bro Gozh ma Zadoù

Ouest-France, 21 janvier 2018

par Bernez Rouz

C’est un tisserand gallois et son fils qui créèrent, en 1856, cet hymne à la terre natale. Cette mélodie Glan Rhondda (les rives de la rivière Rhondda) devint rapidement populaire dans le réseau des chorales galloises. Son titre trop local fut remplacé par la première strophe Hen Wlad fy Nhadau (le vieux pays de mes pères).

C’est le pasteur protestant gallois de Quimper, W.J. Jones, qui adapta le premier ce chant en breton sous la forme d’un cantique Doue ha va bro (Dieu et mon pays) publié en 1895. Pep breizhat tomm-galon a gar mat e vro, Bro Arvor ‘zo brudet dre’r bed tro war-dro; Er brezel kalonek, hon tadoù ervat A skuilhas eviti o gwad (Chaque Breton de cœur aime son pays.. L’Armor est connu de par le monde. Courageux dans les guerres, nos aïeux versèrent leur sang pour lui). Cette version religieuse protestante n’avait aucune chance d’être popularisée vu la prépondérance écrasante de l’Eglise catholique à l’époque.

Chant national breton

Une autre version écrite par François Taldir Jafrennou fut publiée dans un journal catholique de Morlaix en 1898: Breizh, douar ar sent kozh, douar ar varzhed, N’eus bro all a garan kement ‘barzh ar bed. Pep menez, pep traoñienn, d’am c’halon ‘zo ker, Eno kousk meur a Vreizhad taer (Bretagne, terre des vieux saints, des bardes, il n’est d’autres pays du monde que j’aime autant. Chaque montagne, chaque vallée sont chères à mon coeur. Là dorment plus d’un Breton héroïque).

Le Bro Gozh, symbole des relations interceltiques, est adopté comme « chant national breton » par l’union Régionaliste Bretonne en 1903. Le refrain rappelle que la mer n’est pas un obstacle mais un lien entre les peuples: O Breizh, ma bro, me gar ma bro. Tra ma ‘vel mur ‘n he zro, Ra vezo digabestr ma bro ! (O Bretagne, mon pays, j’aime mon pays. Tant que la mer sera comme une frontière autour d’elle, Que mon pays s’en affranchisse).

Dépassant rapidement les cercles militants, il devient très populaire entre les deux guerres. Le maréchal Foch en 1920 à Morlaix, puis plusieurs présidents de la République, sont accueillis aux accents du Bro Gozh.

Il a été consacré récemment à Rennes par l’émouvante interprétation de l’Orchestre Symphonique de Bretagne. Les Gallois, les Cornouaillais, les Bretons et le peuple Khasi en Inde peuvent être fiers de leur hymne commun à l’accent humaniste et international.

Le Bro Gozh inaugure la nouvelle salle de l’Orchestre de Bretagne

osb couvent jacobins

Unidivers, 15 janvier 2018

L’Orchestre symphonique de Bretagne (OSB) a investi sa nouvelle salle de concert au Couvent des Jacobins. Il nous aura fallu faire preuve de patience avant que les travaux qui rendaient impossible toute circulation dans cette partie historique du centre-ville de Rennes s’achèvent. C’est fait : les mélomanes rennais ont pu accéder mercredi 10 et jeudi 11 janvier à la salle de concert qui accueille désormais l’OSB dans ses œuvres. Présentation.

Nous voilà dans la nouvelle salle de concert de l’OSB sise au Couvent des Jacobins. Tout n’est pas terminé, quelques détails restent à régler, mais avec le temps et l’addition d’un peu de vie, l’impression de froideur de ces grands espaces blancs très éclairés s’estompe au profit d’une foisonnante et chaleureuse activité.

La soirée commence avec l’hymne gallois Hen Wlad Fy Nhadau immédiatement suivi de l’hymne breton Bro Gozh ma Zadou dont il serait difficile de nier qu’ils sont à peu de choses près copie conforme (NB PBGMZ: en fait c’est l’inverse, l’hymne breton a été suivi de l’hymne gallois). On ne peut s’empêcher de les relier musicalement à des œuvres comme celle que propose Sir Edward Elgar dans ses Pomp and circumstances, notamment Land of hope and glory.

C’est ensuite avec une œuvre du peu connu musicien anglais Ralph Vaughan Williams Serenade to music que se poursuivait ce programme inaugural. Ce sont de bien belles mélodies, pleines de douceur et d’intériorité, qui permettent au premier violon, Fabien Boudot, récemment recruté, de s’exprimer face à son nouveau public. Il n’est pas seul, car plus de 150 choristes donneront de la voix et dessineront dans ce nouvel auditorium un paysage musical apaisé et lyrique.

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