Bro Gozh : Philippe Leray aime chanter le rugby et la Bretagne

Ouest-France, le 16 septembre 2022

C’est un peu lui qui donne le coup d’envoi des matches du Rugby-club de Vannes (Morbihan), en Pro D2, à La Rabine. À quelques minutes de la rentrée des joueurs, Philippe Leray entonne le Bro goz ma zadoù, hymne breton. Frissons garantis.

Philippe Leray est un personnage incontournable des matchs de rugby à la Rabine à Vannes (Morbihan). Si sa prestation ne dure que cinquante secondes, elle fait se lever les 8 000 spectateurs dans l’antre du Rugby-club de Vannes, qui évolue en Pro D2.

À quelques secondes du coup d’envoi, avant que les équipes ne pénètrent sur le terrain et pendant que les derniers supporters et autres VIP regagnent leur place en tribune, ce sexagénaire vannetais entonne le Bro Gozh Ma Zadoù, (Vieux pays de mes ancêtres), l’hymne breton. Depuis six ans, et ce même pendant la pandémie, il s’adonne à cet exercice. ( Le Comité Bro Gozh avait lancé durant la pandémie l’opération « Chantez la Bretagne, Chantez le Bro Gozh ! », et une centaine de versions du Bro Gozh ont ainsi été enregistrées voir ici )

La genèse d’une recette qui fonctionne

Philippe Leray, 60 ans, est un fervent supporter du RCV : J’aime le rugby. Cela fait 29 ou 30 ans que je supporte le club. Je l’ai connu en Fédérale 3 (septième division nationale, NDLR). J’ai suivi toutes les accessions dans la hiérarchie du rugby national. Lorsque son club fétiche a accédé au monde professionnel, en 2006, il a été sollicité pour sa fibre bretonne et rugbystique, mais aussi et surtout pour son autre passion : le chant et la musique.

Il se souvient : J’étais chanteur soliste baryton. Je chante depuis que je suis tout petit. Lors de la montée en Pro D2 en 2016, François Cardron, alors président du club, m’avait intégré dans l’équipe d’animation afin d’amener une note musicale bretonnante lors des matchs, et pour contribuer à l’identité bretonne du RCV. Avec mon ami, Stéphane Le Follic, on devait faire venir les bagads les jours de matchs. On avait la charge des jingles à la mi-temps, à la fin du match, mais aussi lors des essais marqués par les Bleus. On m’a demandé de faire des essais au micro. Et, dès le deuxième match, j’ai chanté le Bro Gozh Ma Zadoù.

Et cela fait six saisons que ça dure. Pendant les matchs à huis clos, le directeur du club, Martin Michel, a insisté pour qu’il continue. On a dû obtenir l’autorisation de la Ligue Nationale de Rugby.

Une petite notoriété

Lorsqu’il apparaît sur la pelouse pour livrer sa prestation, c’est le signal du coup d’envoi : Cela fait partie du protocole. C’est la montée en puissance. Le public se lève. C’est un rituel un peu solennel. Désormais, les paroles en breton défilent sur les bandeaux lumineux autour du terrain. Et si le public ne chante pas l’intégralité du texte, Philippe Leray apprécie son implication : Maintenant, l’ensemble du public chante le refrain : O Breizh, ma Bro/Me’gar ma Bro. C’est très gratifiant et surtout très fort.

Alors qu’au Roazhon Park, à Rennes (Ille-et-Vilaine), ou lors des matchs de foot du VOC ou du FC Lorient, c’est une bande-son qui diffuse l’hymne ( Ce n’est pas tout à fait exact: au stade du Moustoir le Bro Gozh est interprété à chaque fois par Morwenn Le Normand et au Roazhon Park, c’est à la fois et suivant les circonstances des artistes ou une bande son) au RC Vannes, c’est le chanteur Philippe Leray qui l’interprète en live. Ces prestations lui offrent une petite notoriété : Je suis ingénieur et responsable du patrimoine chez un bailleur social vannetais. Les entrepreneurs du bâtiment avec qui je travaille me reconnaissent. Ils sont souvent partenaires du club.

Faut que la mayonnaise prenne

Dès qu’il a fini son tour de chant, Philippe Leray se cale en tribune et ne perd pas une seconde de l’affrontement qui se joue sur le terrain.

(….)

Redadeg 2022 : le Rugby Club de Vannes et le Comité Bro Gozh ensemble pour le km 2020 !

C’est à Vannes samedi prochain que se terminera la Redadeg 2022 . La course passera devant le stade de la Rabine , la forteresse du Rugby Club de Vannes et l’un des lieux de Bretagne où le Bro Gozh est le plus populaire.

C’est tout naturellement que le Comité Bro Gozh et le RCV se sont associés pour courir le km 2020 qui passe juste devant le stade de la Rabine. Rendez-vous à 16h samedi près de l’Office de Tourisme de Vannes ( sur le port) où des jeunes de l’école de rugby se verront remettre le témoin par les élus de Vannes et le prendront en charge pour l’apporter aux bénévoles de la Redadeg au niveau de la porte St Vincent .

À Vannes, il chante le Bro Gozh dans un stade vide

Comme à chaque match du RCV à domicile, Philippe Le Ray a entonné l’hymne breton avant le coup d’envoi, ce vendredi soir.

Ouest-France, 4 décembre 2020

Comme à chaque match du RCV à domicile, Philippe Le Ray a entonné l’hymne breton avant le coup d’envoi, ce vendredi soir. Mais pour le chanteur, le plaisir n’est plus le même dans un stade vide de supporters, à cause des restrictions sanitaires. « C’est un manque terrible. D’habitude, le public reprend avec moi le refrain. Ça fait très bizarre », explique celui qui supporte le RCV depuis 28 ans, à l’époque en Fédérale 3, et qui a donc connu trois montées. Pour autant, Martin Michel, le directeur général du club, tient à ce que cette tradition d’avant-match soit respectée… De quoi donner des forces aux Vannetais qui affrontaient Montauban !

Rugby club de Vannes : quand le stade de La Rabine vibre au son du « Bro Gozh »

Actu.fr, 11 octobre 2019

Avant chaque rencontre à domicile du Rugby Club de Vannes (Morbihan) en Pro D2 au stade de La Rabine, Philippe Leray interprète le « Bro Gozh ».

Philippe Leray sur la pelouse du stade de La Rabine à Vannes (Morbihan). Quelques minutes avant qu’il interprète le « Bro Gozh ». (©Actu Morbihan)

Les voitures défilent lentement sur le port de Vannes (Morbihan) alors que des centaines de personnes marchent dans une et même direction, ce vendredi 4 octobre 2019.

Aucun doute, c’est un soir de match à La Rabine. Ce soir-là, le Rugby Club Vannes (RCV) accueille Aurillac (Cantal) pour le compte de la sixième journée de Pro D2. Le coup d’envoi sera donné à 20 heures. Et à une demi-heure de la rencontre, Philippe Leray se tient là, au pied de la tribune honneur.

Comme tous les soirs de match à domicile depuis maintenant quatre ans, il attend qu’on lui ouvre le portail pour accéder à la pelouse. Les tribunes se remplissent petit à petit alors que le bagad d’Auray fait un tour de stade pour réchauffer l’ambiance.

L’entrée sur la pelouse

Il est 19 h 45, Philippe Leray entre sur le bord de la pelouse. Il salue le staff, lève la main en direction des tribunes et patiente tranquillement, sereinement. Il attend son moment. Le speaker fait monter l’ambiance avant d’annoncer les compositions d’équipes. Il est 19 h 56, les joueurs ne vont pas tarder à entrer sur le terrain et le speaker indique : « Il est l’heure du Bro Gozh avec Philippe Leray. »

Sous les applaudissements, ce dernier se rend au milieu de la pelouse et récupère le micro. Après une bouffée de respiration, il entame le « Bro Gozh » et le stade fait silence.

Il finit sa prestation la main sur le cœur. Le stade applaudit chaleureusement, Philippe Leray salue à nouveau la foule et regagne les tribunes pour suivre la rencontre avec ses amis.

Supporter du RC Vannes depuis 26 ans, Philippe Leray, 58 ans, revient sur cette désormais tradition :

Quand le RCV est monté en Pro D2, le directeur général de l’époque m’a contacté moi et mon ami Stéphane Le Follic pour monter des animations autour du stade afin de mettre en avant la culture bretonne dans le monde professionnel du rugby. Et donc, dès le premier match à domicile, il fallait faire des essais micro. Et j’ai chanté le « Bro Gozh ». Il est venu me voir en me demandant si je me sentais capable de le chanter à tous les matchs devant le stade plein.

Des touches de la culture bretonne

Cette proposition, Philippe n’a pas hésité à l’accepter :

J’ai une formation de chanteur lyrique. J’ai été pendant quinze ans soliste baryton dans une compagnie amateur de Vannes.

Les deux amis ont également répandu la culture bretonne en diffusant des jingles lors des essais ou pour annoncer la mi-temps. « C’est l’extrait d’un CD du bagad de Lann Bihoué », sourit Philippe. « On a essayé de ramener des touches de la culture bretonne. » Et elle s’y ressent.

« On sent que ça monte, c’est extra »

Entouré du meilleur public de France — élu lors de la Nuit du Rugby par la Ligue Nationale en septembre 2018 — Philippe Leray, ressent une ambiance particulière lors de son interprétation : « Dès que le refrain arrive, on sent que ça monte, c’est extra. »

S’il doit ressortir un souvenir particulier, c’est le dernier match de la première saison : « Il nous fallait absolument une victoire pour se sauver. C’était face à Bourgoin-Jallieu. Avoir eu le privilège d’effectuer ce dernier chant de la saison où on a donc assuré le maintien pour notre première saison en professionnel, c’était une fierté. »

NPBGmZ: pour mémoire, le RCV a reçu en septembre 2017 le Prix Bro Gozh.

Le Bro Gozh pour la rencontre Séné FC – FC Lorient

Photo Ouest-France

Petit évènement dans le monde du football breton, ce samedi 2 décembre 2017, au stade de la Rabine à Vannes: le Séné FC recevait le FC Lorient dans le cadre de la Coupe de France de football. Le club lorientais s’imposait logiquement 6 à 1 contre les Sinagots.

Devant plus de 6000 spectateurs, cette rencontre a commencé au son du pipe-band de Vannes, suivi, comme il se doit à La Rabine, par le Bro Gozh ma Zadoù interprété par Philippe Le Ray .

Espérons que le Bro Gozh aura enfin toute sa place au stade du Moustoir de Lorient suite à cette expérience vannetaise. Le Comité Bro Gozh a écrit en ce sens à la direction du FCL .