Rennes-Krasnodar : un Bro Gozh à s’époumonner

Ouest-France, 21 octobre 2020

Rennes – Krasnodar : 1-1. Les Rennais ont découvert la musique mythique de l’épreuve, hier soir. Mais ils ont oublié d’être réalistes. En C1, cela ne pardonne pas.

Dans la douceur d’une fin d’après-midi grisâtre, l’impatience se disputait à l’excitation chez les supporters rennais. Le grand jour tant attendu était enfin arrivé. Celui où le Stade Rennais avait rendez-vous avec son histoire.

Il suffisait d’entendre le kop rennais pour s’en convaincre. Une heure avant le match, alors que les abords du stade semblaient si calmes, que la mousse des tireuses de bières débordait à peine des gobelets, le chœur des Rouge et Noir s’est mis à chanter, à scander : « Aux armes », « Et tout le stade », « Qui ne saute pas » …

Étaient-ils vraiment 5 000 ? « Ils ont fait du bruit comme s’ils étaient 25 000 », admire Julien Stéphan, poussant de la première à la dernière minute. Ils ont même commencé bien avant, puisqu’ils ont embrasé la rocade de Rennes de fumigènes au passage du bus des joueurs.

Frisson immédiat

Le ton était donné. Et on n’avait pas encore eu droit au plus beau. Un « Bro Gozh » chanté à s’en époumoner, écharpes brandies fièrement comme cette identité bretonne revendiquée par le club, au point même d’inviter un bon crachin maison en deuxième mi-temps.

Et bien sûr, la fameuse musique de la Ligue des champions qu’on avait entendue partout dans Rennes, mardi, et qui une fois jouée à fond dans la sono a pris toute sa grandiloquence. Frisson immédiat. À en oublier presque qu’il y avait un match à jouer.

(….)