Football: quand le Bro Gozh était interprété au Stade de France

Le capitaine Romain Danzé (à droite) et le coach Philippe Montanier, lors de la finale de Coupe de France perdue face à Guingamp en 2014

Le capitaine Romain Danzé (à droite) et le coach Philippe Montanier, lors de la finale de Coupe de France perdue face à Guingamp en 2014 | PHOTOPQR/OUEST FRANCE

FranceInfo, 24 avril 2019

L’heure de Rennes ? Après deux finales de Coupe de France (2009, 2014) et une de Coupe de la Ligue (2013) – toutes perdues -, le Stade Rennais retrouvera samedi face au Paris Saint-Germain le Stade de France pour la quatrième fois en dix ans. En attendant de savoir si Julien Stéphan et ses joueurs arriveront enfin à vaincre le signe indien, retour sur les derniers échecs du club breton, sevré de titre depuis 1971.

“Le grand plaisir de la vie est dans l’attente”. Difficile de savoir si John Cowper Powys fut un jour supporter du Stade Rennais mais l’écrivain britannique a couché sur le papier à la fin des années 70 un proverbe que tout fidèle du club Rouge et Noir garde précieusement dans un coin de sa tête, lui qui attend depuis 48 ans de connaître le bonheur de voir son club soulever de nouveau un trophée. Car si Rennes est une équipe fidèle, elle l’est avant tout avec les rendez-vous manqués. Pour la quatrième fois en dix ans, le SRFC investira le Stade France en se dressant face au Paris Saint-Germain, samedi en finale de la Coupe de France. Mais si les histoires d’amour finissent mal en général, celle entre l’enceinte dyonisienne et Rennes a tout du mélodrame, avec trois finales perdues, face à Guingamp en Coupe de France (2009, 2014) et Saint-Etienne en Coupe de la Ligue (2013). Entre derbies bretons, désillusions et bus à impériale, retour sur les trois derniers échecs du Stade Rennais à Saint-Denis.

• 2009 : les favoris tombent de haut

Si la Coupe de France est souvent l’histoire de petits poucets, les finales réservent souvent bien peu de surprises. Depuis 1959 et le triomphe du Havre face à Sochaux, les clubs de Division 1 puis de Ligue 1 ont fait du trophée leur chasse gardée. Alors quand Rennes se déplace au Stade de France pour sa première finale depuis 1971, la confiance règne au moment d’affronter Guingamp, rival breton mais embourbé dans le ventre mou de la Ligue 2 (13e).

Dans une ambiance de fest-noz, où 80 056 personnes (record d’affluence pour une finale de coupe de France) reprennent en chœur le Bro gozh ma zadoù, hymne de la Bretagne, Rennes croit réaliser le plus dur en ouvrant le score grâce à Carlos Bocanegra (69e). A vingt minutes d’une nouvelle ligne au palmarès, les joueurs de Guy Lacombe vont finalement craquer en moins d’un quart d’heure. Le bourreau se nomme Eduardo. Une remise maladroite de Hansson (73e) puis des grosses largesses défensives (83e) permettent à l’attaquant brésilien de signer un doublé et de crucifier les Rennais. Le trophée tant attendu s’envole donc chez le voisin, qui inscrit par la même occasion son nom au palmarès de la Coupe de France pour la première fois de son histoire. La générosité à la rennaise.

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