Où l’on parle du Bro Gozh, de Rennes-Guingamp, de l’identité des Bretons, avec Jean Lebrun et Jean-Michel Le Boulanger

France Inter, 5 mai 2014

Jean Lebrun France Inter

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Ce samedi a été un beau moment sinon de foot mais de construction du commun. Le Stade de France était comme une cité charnelle, où vibrait le sentiment breton et ce dans une enceinte républicaine et dans la vieille ville royale de Saint-Denis.

   En plus c’est le petit qui a gagné. Les Français adorent Poulidor et Astérix. La ville paysanne face à Rennes la métropole, l’irréductible face à la plus riche…

   C’est une belle histoire et une région a besoin d’histoires pour s’inventer. L’épopée du football breton pourrait se comparer à celle du cyclisme. Et même, au risque de heurter les puristes, à celle du romantisme : au XIXème, le Barzaz-Breiz créait pareillement une personnalité bretonne – la loyauté, la fidélité aux anciens temps et Chateaubriand un paysage breton – le granit, l’horizon noyé de pluie…Mais c’était à l’usage des élites.

   Tant de Bretagnes sont mortes. Celle des années 1970 a été très brillante : grâce à la musique,  à un modèle économique et politique particuliers. C’est de cette époque que date l’envol d’En avant Guingamp. Une autre encore doit naître aujourd’hui qu’un joueur-emblème du stade du Roudourou, Christophe Kerbrat, a défini parfaitement. Observant ses co-équipiers venus d’ailleurs, il a eu cette formule « Certains mériteraient d’être bretons plus que moi ».

   Une région, c’est un projet davantage qu’une origine

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