Conseil régional: « le Bro Gozh ma Zadoù ou Hen Wlad fy Nhadau, hymne commun à la Bretagne et au Pays de Galles »

Signature du protocole d'accord - Loïg Chesnais-Girard et Carwyn Jones

Conseil régional de Bretagne, 12 janvier 2018

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Le concert donné mercredi et jeudi dans le tout nouvel auditorium du Couvent de Jacobins par le chef gallois de l’OSB, Grant Llewellyn, illustre à merveille le rapprochement entre les deux Régions. Cette représentation hautement symbolique -la Neuvième Symphonie de Beethoven, d’où l’hymne européen est extrait, et le Bro Gozh ma Zadoù ou Hen Wlad fy Nhadau (vieux pays de mes ancêtres), hymne commun à la Bretagne et au Pays de Galles-, marque une nouvelle étape dans la coopération culturelle entre les deux territoires, l’objectif étant de créer un orchestre européen réunissant des musiciens de l’Arc atlantique, avec l’appui de l’Arts Council of Wales, organisation qui assure la promotion des arts du Pays de Galles, et d’autres partenaires, comme le Festival interceltique de Lorient.

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Le Télégramme: « L’Orchestre de Bretagne a fait résonner le Bro Gozh et l’hymne européen »

Loïg Chesnais-Girard et le « First Minister » du Pays de Galles, invité d’honneur du prochain Festival interceltique de Lorient.

Le Télégramme, 12 janvier 2018

Brexit. Sale temps pour les relations interceltiques

La Bretagne et le Pays de Galles ont signé, ce jeudi, un accord de coopération pour cinq ans. Mais le Brexit jette le trouble sur les relations avec nos cousins celtes.

Tout un symbole. Hier soir, à Rennes, l’Orchestre de Bretagne a fait résonner dans un centre des Congrès flambant neuf l’hymne européen et le Bro Gozh ma Zadoù, chant commun à la Bretagne et au Pays de Galles. Ainsi l’a voulu le facétieux Grant Llewellyn, Gallois de son état et directeur de la formation bretonne depuis 2015. Aura-t-il bientôt besoin d’un titre de séjour ? Voici le genre de questions soulevées par le Brexit.

Malgré les incertitudes, Loïg Chesnais-Girard et Carwyn Jones, le Premier ministre gallois, ont tenu à renouveler, hier, l’accord de coopération entre les deux régions, scellé en 2004. Le nouveau document prévoit, par exemple, de favoriser les échanges d’étudiants entre les universités des deux régions, de renforcer les liens commerciaux entre les entreprises ou encore d’inciter les touristes à aller voir de l’autre côté de la Manche.

Des objectifs à l’horizon 2023 qui supposent la libre circulation des personnes et des biens entre l’Union Européenne et le Royaume-Uni. Or, c’est précisément ce qui se joue, en ce moment, entre Londres, qui souhaite sortir de l’espace Schengen, et Bruxelles, qui n’entend pas laisser les portes de son marché commun ouvertes aux Anglais…

Coopération quoiqu’il arrive

De quoi poser des limites à l’amitié britto-galloise en particulier et, en général, aux relations entre les Bretons et leurs amis celtes du Royaume-Uni. Sera-t-il aussi simple, par exemple, pour les musiciens irlandais, écossais et gallois de venir jouer au Festival interceltique de Lorient ? « C’est difficile de prévoir l’issue de tout ça », reconnaît le Premier ministre du Pays de Galles. Carwyn Jones, travailliste, était contre le Brexit et peine encore à se remettre du choix de ses concitoyens. Ceux-ci commencent à regretter, à en croire l’homme politique, tant l’économie locale est dépendante du marché européen. « Nous continuerons à travailler ensemble quoiqu’il arrive. Le Royaume-Uni quitte l’UE, pas l’Europe. Les échanges continueront mais dans un cadre différent. » Même son de cloche du côté de Loïg Chesnais-Girard. « La circulation des biens et de marchandises va continuer ». Rendez-vous donc le 29 mars 2019, à 23 h GMT, date fixée par le Parlement britannique, quand le Brexit sera devenu réalité.

Où l’on parle de JY Le Drian et du Bro Gozh ….

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Jean-Yves Le Drian, président du Conseil régional, et Carwyn Jones, premier ministre gallois, chantant le Bro Gozh, au Conseil régional à Rennes, en juin 2011.

Le Bien Public, le 1er décembre 2015

Les Républicains, le Front national et les régionalistes tentent de déstabiliser celui que François Hollande a choisi de maintenir au gouvernement malgré sa candidature. Mais le menhir semble difficile à ébranler.

Ce matin, Jean-Yves Le Drian est passé « faire le point » avec son équipe à Rennes. « L’odeur que vous pouvez encore sentir, c’est celle de sa cigarette », glisse Loïg Chesnais-Girard, directeur de la campagne et tête de la liste en Ille-et-Vilaine. La révélation olfactive se veut boutade. Elle ne l’est pas tant que ça.

En Bretagne, le peuple de gauche est certes convié à voter pour un projet et garder la majorité, comme partout. Sauf qu’il suffit d’ouvrir l’œil et d’écouter pour percevoir que l’enjeu est autre : réélire d’abord un « homme d’Etat » porté aux nues et dont les socialistes du cru célèbrent les vertus comme les curés bretons évoquaient Dieu autrefois, sans laisser place au doute.

L’équation est connue. Jean-Yves Le Drian est un ministre de la Défense difficile à remplacer. En temps de paix parce qu’il vend des Rafales, ce qui n’est pas rien. En temps de guerre puisqu’il est aux avant-postes. Mais le locataire de l’hôtel de Brienne a sa Bretagne chevillée au corps et à l’âme.

Le mandat de François Hollande s’achèvera bientôt. S’il y en a un second, lui aura 70 ans et ne s’y voit plus trop. Le cheval d’orgueil de Lorient, prompt à entonner le « Bro gozh ma zadoù » en plus de La Marseillaise à l’heure des hymnes, entend se vouer à la terre qui l’a élu en 2004 et réélu en 2010. Les derniers sondages lui accordent au minimum sept points d’avance sur le député Les Républicains des Côtes-d’Armor, Marc Le Fur.

Un président à 100 % ?

Cet autre Breton pur beurre salé invite les électeurs au « Choaz Breizh », à choisir sa propre vision de la Bretagne. Il espère ébranler le menhir. La tâche sera rude.

Jean-Yves Le Drian a laissé au chef de l’Etat le soin de dire s’il devait cumuler ou pas. C’est pratique. Il se contente de marteler à distance qu’il sera bien le patron de la Bretagne en cas de victoire et qu’il n’y aura pas d’intérim. L’exécutif se chargera de l’intendance. Lui dirigera et tranchera. « C’est déjà le cas », jure Loïg Chesnais-Girard, vice-président sortant. « Comment imaginer que nous aurions pu régler le dossier PSA-Rennes avec Tavares ou le deal avec Bolloré sans Jean-Yves Le Drian, sa force de frappe, sa vision, son recul et son carnet d’adresses ? On est tous bons sur le terrain parce que le capitaine est bon ! » Alléluia, donc. L’ombre tutélaire veille et ne sera pas aux abonnés absents.

En réunion publique à Redon, Marc Le Fur réplique que lui « sera président à 100 % ». Il a fait signer à ses colistiers un engagement à défendre « la Bretagne à cinq départements » avec donc l’actuelle Loire-Atlantique en plus, cause de Nominoë, le premier roi, et des batailles avec les Francs. Il n’est « pas là pour parler de Le Drian mais veut quand même dire… » que celui-ci doit renoncer à la Région et rester à Paris ! Longtemps. C’est « l’ordre des choses », répète-t-il.

En embuscade dans sa mairie de Carhaix, Christian Troadec, tête de la liste « Oui la Bretagne », s’agace de cette course au régionalisme. Il croit que les Bretons « préféreront l’original à la copie ».

Les socialistes s’en méfient. Non que le héraut des Bonnets Rouges puisse l’emporter. Mais s’il atteint 10 % et se maintient, ce que les enquêtes d’opinion excluent, la quadrangulaire rebat les cartes. « Aux Européennes en 2014, j’ai fait 7,2 % des voix en Bretagne et l’Union démocratique bretonne, notre alliée, pèse plus de 2 %. C’est une bonne base », remarque-t-il avec gourmandise.