Carhaix: le Bro Gozh pour le 11 novembre

Ouest-France, 23 novembre 2019

Pierre Le Guen, l’humble musicien des cérémonies patriotiques à Carhaix

Musicien passionné depuis des décennies, Pierre Le Guen donne de son temps lors de chaque cérémonie patriotique qui se déroule à Carhaix

Son visage est bien familier à ceux qui côtoient les cérémonies patriotiques à Carhaix  : Pierre Le Guen est l’un de ceux qui leur impriment un rythme, au son de sa trompette. Sa passion pour la musique remonte à bien des années. Déjà, enfant, quand il allait fermer une église carhaisienne à la place de sa grand-mère, il aimait s’installer, en cachette, à l’harmonium pour y jouer quelques notes, à l’oreille.

« J’ai vraiment commencé la musique en 1960, quand mon patron m’a poussé à aller vers la Lyre carhaisienne », se souvient Pierre Le Guen, aujourd’hui âgé de 76 ans. Il apprendra auprès d’un professeur dont il garde toujours un souvenir ému : Albert Locquet, « il était tambour majeur dans la Garde républicaine », précise Pierre Le Guen, avec respect.

Du bugle à la trompette

En 1962, le jeune Pierre Le Guen part faire son service militaire. Le premier jour de son retour, au travail à la pharmacie, Albert Locquet vient le trouver et lui offre un bugle en lui demandant : « Tu viens répéter ce soir ? » Pierre Le Guen en garde un souvenir très ému et possède toujours l’instrument.

Avec les autres de la Lyre, à l’époque, il participe régulièrement aux cérémonies patriotiques, après s’être mis à la trompette, dans les années 1980. Les marches et les sonneries des cérémonies, comme beaucoup d’autres musiques, il les a apprises à l’oreille, petit à petit.

Peu à peu la Lyre carhaisienne se perd et devient, notamment sous l’impulsion de Pierre Le Guen, l’Harmonie. De ce groupe, ils sont encore quatre ou cinq membres et musiciens chevronnés, disséminés en Bretagne.

Mais Pierre Le Guen, lui, est toujours Carhaisien et ne loupe jamais une cérémonie. 11 novembre, 19 mars, 8 mai, cérémonies de Lamprat, de la Tour d’Auvergne… Il est toujours là, accompagné de sa trompette. Et il y a une chose qui ne change pas chez ce musicien très humble : « J’ai toujours la trouille, les mains qui tremblent », confie-t-il. Et ce fut encore le cas, le 11 novembre dernier, lorsqu’il a joué, « très impressionné par la présence de Richard Ferrand, le président de l’Assemblée nationale ».

Bro Gozh et Amazing Grace

Pourquoi il continue, bénévolement, d’assurer la musique de ces événements ? « Je pense aux copains de mon père qui sont morts pendant la guerre. Il y en avait un qui faisait partie des pendus de La Pie ». Lors de ces cérémonies, il aime aussi jouer le Bro Gozh, l’hymne breton, « un hommage à tous les Bretons qui ont été massacrés à la Guerre de 14 ». L’an passé, il avait aussi joué l’Amazing Grace, pour « rendre hommage aux pompiers, notamment ceux qui ont éteint, au péril de leur vie, l’incendie de Notre-Dame de Paris. »

Bien souvent, Pierre Le Guen joue seul, parfois, un autre musicien, jeune ou moins jeune, vient lui donner un coup de main. Celui que ses amis appellent affectueusement « Pierrot » espère trouver, un de ces jours « une relève »

Oiartzun: le Bro Gozh chanté en basque …..

Durant les Vieilles Charrues, les Basques sont venus à Carhaix chercher la sculpture symbolisant 25 années d’échanges avec Carhaix. Jeudi dernier a eu lieu au pays Basque son inauguration en présence de la délégation carhaisienne.

Durant les Vieilles Charrues, les Basques sont venus à Carhaix chercher la sculpture symbolisant 25 années d’échanges avec Carhaix. Jeudi dernier a eu lieu au pays Basque son inauguration en présence de la délégation carhaisienne.

Le Télégramme, 7 août 2019

Une délégation carhaisienne s’est rendue du 31 juillet au 5 août au pays basque espagnol pour fêter les 25 ans du jumelage de la Capitale du Poher avec Oiartzun.

Du 31 juillet au 5 août, une délégation carhaisienne s’est rendue au Pays basque afin de participer aux célébrations du 25e anniversaire du comité de jumelage Carhaix-Oiartzun.

Pour l’occasion, Gwenn ha Du et Ikurrina – le drapeau basque – flottaient ensemble aux balcons de la ville.

Coïncidant avec le lancement des fêtes patronales locales de la Saint Esteban, ce séjour, placé sous le signe du partage et de l’amitié, a été riche en échanges culturels, excursions et découvertes gastronomiques.


Réception en mairie


Il a été ponctué par plusieurs cérémonies officielles marquantes. Jeudi en fin de journée, c’est en mairie que les Carhaisiens ont été conviés. Se succédant au micro les différents maires de la ville suivi par Christian Troadec, Vincent Abaziou, Daniel Cotten (signataire officiel du jumelage) mais aussi de réfugiés basques accueillis à Carhaix dans les années 80*, ont rappelé l’histoire commune des deux peuples. « Nous avons une dette intemporelle à votre égard » a lancé Jesus Leonet maire actuel d’Oiartzun. « La terreur s’était abattue sur des hommes et femmes traqués […] un élan de solidarité s’est mis en place pour les accueillir, simplement pour leur permettre de ne pas être assassiné », a rappelé quant à lui le maire de Carhaix.


Inauguration
d’une pierre commémorative


Le lendemain vendredi midi, l’inauguration d’une sculpture réalisée par le sculpteur breton Patrick Gueho a donné lieu à une émouvante cérémonie. Représentant un Triskell et un Lauburu** se faisant face, la pierre a été symboliquement érigée en direction de Carhaix dans le jardin arboré d’une propriété dont les occupants furent expropriés puis fusillés par les franquistes.

Lors de cette cérémonie, le Bro Gozh ma zadoù – l’hymne Breton – a été entonné en basque par la chorale locale. Les Carhaisiens en écho ont ensuite repris en breton « Hegoak », un chant basque symbolisant la Résistance au fascisme. Dans la soirée, la délégation a également participé au lancement officiel des fêtes patronales de la Saint Esteban.

Des expressions de luttes, d’amitié, d’espoir et de paix ont ensuite été prononcées en basque et en breton avant que ne soit envoyées haut dans le ciel des fusées marquant le début des festivités tandis que flottaient les drapeaux basques et breton au balcon de la mairie.

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Carhaix: le Bro Gozh pour la ministre Françoise Nyssen…

Morwena Kadored au côté d’Ismael Morvan et Aziliz Boustuaud, anciens lycéens ayant passé leur bac en breton.© OUEST-FRANCE

Ouest-France, 20 juillet 2018

Les festivaliers arrivant par le train de Guingamp ont eu la surprise de se retrouver face à une manifestation en faveur de la langue bretonne ce vendredi matin, devant la gare de Carhaix. Ils étaient 150 à demander l’officialisation de la langue bretonne, à l’occasion de la venue de Françoise Nyssen, ministre de la Culture.

« Je suis ici pour demander un vrai statut pour les écoles Diwan et soutenir les lycéens et les collégiens qui ont passé leurs épreuves en breton », explique Morwena Kadored, venue au nom de Emglev Bro Plijidi (groupement d’associations en faveur de la langue bretonne du pays de Plésidy). « Plus largement, je suis venue défendre nos droits en tant que brittophones, notre langue et notre culture, et demander une vraie politique linguistique pour le breton », continue-t-elle.

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La manifestation a ensuite quitté la gare pour se terminer devant les grilles d’entrée du festival des Vieilles Charrues, où se trouvait la ministre. Le slogan « Brezhoneg : yezh ofisiel » (breton : langue officielle) a ponctué le parcours, qui a pris fin par le Bro Gozh.

 

Ce vendredi 20 juillet, vers 10 h 30, environ 150 personnes et plusieurs associations de défense de la langue bretonne sont venues manifester à Carhaix à l’occasion de la venue de Françoise Nyssen, ministre de la Culture, au festival des Vieilles Charrues. Une manière pour Emglev Bro Karaez, le centre culturel breton Egin, Skoazell Vreizh (Secours breton), Bro Plijidi ou encore la Gauche indépendantiste bretonne de dénoncer les multiples «attaques» subies ces derniers mois (l’affaire du petit Fañch, celle des copies du bac en breton….). Parties de la gare, elles se sont dirigées, vers 11 h, à l’entrée du site du festival pour demander un entretien à la ministre. Certains manifestants ont entonné le Bro Gozh, considéré comme l’hymne de la Bretagne. La manifestation s’est dispersée peu avant 12 h.

 

Lauréat du Prix Bro Gozh 2018, le RCV est à nouveau récompensé par les Prizioù ar Brezhoneg

Le Rugby Club de Vannes, seul club professionnel breton présent en Pro D2, accumule les récompenses.

Après le Prix Bro Gozh 2018 remis en septembre dernier dans une ambiance mémorable, le voici récompensé dans le cadre des Prizioù ar Brezhoneg remis le 16 février dernier à la salle Glenmor de Carhaix. Ces Prizioù sont remis par France 3 Breizh et l’Office public de la Langue Bretonne aux personnes et organismes ayant œuvré pour la langue bretonne.

Le Rugby Club de Vannes reçoit ainsi le 1er Prix dans la catégorie Entreprises pour la façon dont le club utilise la langue bretonne dans sa communication et sur le terrain à la Rabine, sans oublier bien évidemment le Bro Gozh qui ouvre chaque match à domicile.

Carhaix: le Bro Gozh pour l’Irlande.

Le Télégramme, 30 octobre 2016

La 25e édition du festival du livre en Bretagne, qui s’est ouverte hier avec plus de 300 auteurs au Glenmor met l’Irlande à l’honneur. Mais aussi les liens avec la Bretagne , symbolisés par Aziliz Gouez, plume bretonne du président irlandais et présidente d’honneur de l’événement.

Cela fait quelques années que l’on n’avait pas vu autant de monde à l’inauguration du festival du livre. L’effet 25 ans, comme aux Vieilles Charrues, sans doute, mais aussi, très certainement, l’effet Irlande. En choisissant de mettre le pays de Samuel Beckett en avant cette année, à l’occasion du centenaire du soulèvement de Pâques 1916, les organisateurs du festival ont visé juste. C’est une nouvelle occasion de mesurer le lien très fort qui unit l’Irlande et la Bretagne. Un lien symbolisé par les très nombreux comités de jumelage entre des villes bretonnes et irlandaises mais aussi, ce week-end, par la présidente d’honneur du festival : Aziliz Gouez, fille d’agriculteurs morbihannais devenue rédactrice en chef des discours du président irlandais .

L’ambassadrice d’Irlande reviendra… avec U2

Une présidente ravie d’être là. « C’est un plaisir et une occasion rare que d’assister à une manifestation qui fait se rencontrer, dialoguer et se rejoindre mes deux pays. Aujourd’hui, je me sens tout autant irlandaise que bretonne », a-t-elle expliqué lors de l’inauguration du festival. Les autres intervenants ont aussi souligné cet attachement commun : Christian Troadec, le maire de Carhaix, Léna Louarn, la vice-présidente du conseil régional, mais aussi Géraldine Byrne Nason, l’ambassadrice d’Irlande en France. Une ambassadrice qui ne manque pas d’humour. S’excusant de ne pas encore maîtriser le breton, elle a promis qu’elle y arriverait… à la fin du week-end ! Plus tard, elle a encore fait sourire tout le monde en évoquant le fait que Christian Troadec avait promis de l’inviter aux prochaines Vieilles Charrues. « J’ai bien compris que c’est seulement pour que je fasse venir U2 », a-t-elle glissé. « Pas de problème », a répondu le maire de Carhaix qui a déjà trouvé où loger la bande à Bono. « On a un lieu-dit qui s’appelle Le Bono. Ils seront hébergés là-bas ». La cérémonie officielle s’est terminée en chanson. La chorale brestoise Kan Awen a d’abord interprété l’hymne irlandais. Puis, elle a terminé par le Bro gozh ma zadoù, repris en choeur par le public.