Le Bro Gozh à New York

Le Télégramme, 26 février 2018

Bretons d’Amérique. Gangs de New York

New York a attiré des milliers de Bretons. Entre les « vieux » de l’émigration bretonne qui fuyaient la misère et les émigrés récents venus pour le business, la philosophie change. Les réseaux restent.

La pâte glisse avec élégance sur la crêpière. Le beurre crépite pour donner une belle teinte dorée aux galettes destinées à trois membres de l’association BZH New York. « Aux crêpes », rectifie le Finistérien Philippe Fallait, gérant et chef du Café Triskell. Même à 5.000 km, la guerre de la crêpe et de la galette subsiste entre les Bretons de l’ouest et les autres.

C’est à Astoria, dans le borough new-yorkais du Queens, que ce natif de Concarneau a décidé d’installer sa crêperie 100 % bretonne en 2006. Pas un hasard. Le quartier est le fief historique des Bretons de la « big apple ». Une bonne partie des « anciens » de la communauté bretonne de New York se sont installés dans ce secteur. Presque tous sont originaires du canton de Gourin (Morbihan), un gros bourg de 4.000 habitants en centre-Bretagne.

(….)

Il y a quelques années, le lunch s’est déroulé à Manhattan, mais les seniors bretons ne sont pas venus. Trop grand. Trop clinquant. Trop speed. Pour ne pas trop les dépayser, cette fois, les organisateurs ont choisi la salle des fêtes de Riccardo’s up the bridge, au coeur du quartier breton à Astoria. Sur le mur, un drapeau breton défie un drapeau américain dont les étoiles ont été remplacées par des hermines.

Bro gozh, danses celtiques et Matmatah

Le coup d’envoi du lunch est lancé par l’hymne breton. Debout, une soixantaine de personnes entonnent solennellement le Bro gozh ma zadoù. L’un des rares moments de communion entre jeunes et anciens. La suite du repas se poursuit autour de danses celtiques, de musette et de valses où les couples les plus âgés se lancent des blagues potaches. Quelques jeunes osent investir la piste lorsque résonnent les accords de Matmatah ou de Tri Yann. Bernard Le Bris, ancien dirigeant du Stade breton, est originaire de Concarneau (Finistère). Arrivé à New York il y a 42 ans, il analyse le décalage : « Les Gourinois, on ne les voit que pour le lunch de Noël. Ils adorent leur Bretagne mais n’ont plus grand-chose à voir avec les nouveaux arrivants. Eux fuyaient la misère, les nouveaux sont des businessmen. Il faut que les jeunes prennent la relève ». Des jeunes Bretons, il y en a à New York. Mais ils ne se comptent pas du côté des « ancêtres ». La descendance de ces derniers, leurs enfants et petits-enfants, n’ont, pour la plupart, plus de lien avec la Bretagne. Leurs parents ont quitté la région à l’époque où l’on enseignait aux enfants de « ne pas cracher par terre et de ne pas parler breton ».

Retour au pays

Des exceptions existent cependant, comme Charles Kergaravat. Né à New York en 1976, lui a fait le chemin inverse. Il vient de débarquer à Rennes pour travailler chez Klaxoon. « Mes parents revenaient trois mois par an en Bretagne », confie-t-il.

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