Alan Stivell : « le Bro Gozh prend de plus en plus d’ampleur en tant que symbole breton ! ».

Photo Roselyne Veissid. © Le Télégramme

Le Télégramme, 23 juin 2017

Alan Stivell, figure emblématique de la musique bretonne, participe à trois morceaux de l’album « Breizh eo ma bro ! » (Smart/Sony), à paraître le 30 juin.

Qu’est-ce qui vous a donné l’envie de participer à « Breizh eo ma bro ! » ?
D’abord la qualité de l’album « Corsu Mezu Mezu ». Il m’a surpris parce que je n’imaginais pas Patrick Fiori, comme Patrick Bruel, interpréter si bien des chants corses traditionnels. Cela m’a donné envie de participer à un disque dans cet esprit sur la Bretagne. Même si je savais que ça allait me faire prendre du retard dans mon propre travail, j’aurais trouvé dommage de ne pas en être. Surtout qu’il y a pas mal de gens de talent dans ce disque.

Que pensez-vous justement du choix des intervenants dans « Breizh eo ma bro »?
Je ne fais pas partie de l’organisation de l’album, j’ai simplement accepté d’y participer. Mais, même si d’autres artistes auraient pu y figurer, les gens présents me semblent assez incontournables.

Ce qui est très positif, c’est de retrouver des niveaux de notoriété différents. Cela me semble important que les plus connus aident ceux qui le sont moins. Je me réjouis aussi de cette passerelle entre non Bretons et Bretons, à la gloire de la Bretagne dans un esprit d’ouverture. Lorsqu’un artiste français vient chanter en breton, il y a un échange culturel véritable.

Comme Laurent Voulzy avec vous dans « Brian Boru ». Pourquoi ce morceau ?
Avec Laurent, on se connaît très bien, nous nous rencontrons souvent. Lorsque Sony l’a sollicité, il a tout de suite accepté et nous nous sommes vite mis d’accord sur cette chanson. On revient souvent à mes morceaux du début des années 70, comme « Tri Martolod ». Je suis ravi de pouvoir mettre aussi en valeur un titre beaucoup plus récent. « Brian Boru » remporte également un gros succès.

Et pourquoi un duo avec Soldat Louis sur « La hargne au cœur » ?
Cela faisait longtemps que j’avais envie qu’on se croise. Soldat Louis, capable aussi de chanter d’une manière « vindicative », était le bon choix pour cette chanson. L’échange nous a fait très plaisir.

Vous êtes également présent sur le « Bro Gozh Ma Zadou ». Etait-ce une évidence d’ouvrir l’album avec ce titre ?
Ça fait longtemps que je chante le « Bro Gozh », dans les stades et ailleurs. J’en avais fait cet arrangement « moderne » dans « Brian Boru ». Les années passant, le « Bro Gozh » prend de plus en plus d’ampleur, en tant que symbole breton. Si on me propose de le chanter, impossible de dire non (rires) !

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Multi-interprètes. Breizh eo ma bro ! *** avec le Bro Gozh !

Le Télégramme, 23 juin 2017

« Breizh eo ma bro ! » : « La Bretagne est mon pays ! ». Bretons de sang, bretons de cœur, ils sont une vingtaine de groupes et artistes à le chanter passionnément dans un album fédérateur, à l’équipage intergénérationnel.
À la barre, Olivier de Kersauson. Le marin introduit les morceaux revisités, où l’on assiste à de vraies et belles rencontres : Alan Stivell & Laurent Voulzy sur le « Brian Boru » du premier ; Boulevard des Airs et le Bagad de Lann Bihoué dans « Le Bagad de Lann Bihoué » de Souchon ; Renan Luce & Clarisse Lavanant reprenant « La mémoire et la mer » de Léo Ferré (écrite en Bretagne) ; Rozenn Talec & Gilles Servat se répondant sur « Ar soudarded’zo gwisket e ruz » de Gweltaz Ar Fur ; Tri Yann avec Gwennyn dans le trad’« Son ar chistr », puis avec Louis Capart dans « Sein 1940 » ; Miossec parcourant son « Brest » en compagnie de Jane Birkin… Parmi les titres en solo, Raphaël interprète « Port Coton » en breton, Cécile Corbel célèbre « Marie-Jeanne Gabrielle » de Capart, tandis que Dan Ar Braz offre une version symphonique de « Borders of Salt ».

On aurait pu craindre que cet album ficelé par Sony ne s’arrête à des visées commerciales, motivées par le succès de « Corsu-Mezu Mezu », bâti autour d’un répertoire corse sur un principe analogue. Le doute est balayé dès l’écoute du « Bro Gozh », en ouverture. La force des mots, la beauté des mélodies, la qualité des arrangements des quatorze chansons trad et modernes de « Breizh eo ma bro ! » distillent une émotion profonde et renouvelée. Un vrai hommage à la Bretagne, dans les bacs vendredi 30 juin.

Le Bro Gozh au Conseil régional de Bretagne

 

Ce jeudi 22 juin, les élus de la région Bretagne se réunissaient pour désigner le successeur de Jean-Yves Le Drian à la tête du Conseil régional . C’est Loïc Chesnais-Girard qui prend désormais les rênes de cette institution qui couvre 4 des 5 départements bretons. A noter que Jean-Michel Le Boulanger devient premier vice-président et Lena Louarn 6ème vice-présidente.

A la fin de la séance, plusieurs personnes présentes dans la tribune du public, Herri Gourmelen, ancien conseiller régional, Bernez Rouz, président du Conseil Culturel de Bretagne, Catherine Latour, Institut Culturel de Bretagne, lancèrent le Bro Gozh repris par les élus qui se levèrent en dehors des représentants du Front national qui restèrent assis.

A noter aussi qu’avait été distribué aux élus le document réalisé par le Comité Bro Gozh avec les paroles du Bro Gozh ( ce document est à la disposition de toute personne ou association qui souhaiterait le diffuser).

 

Ouest-France, 23 juin 2017, page Bretagne

Bro Gozh

Une fois la session achevée, une voix tonitruante s’est élevée depuis les bancs du public, celle d’Herri Gourmelen, ancien conseiller régional , élu sous les couleurs de l’UDB. Il a entamé un vibrant Bro Gozh ma Zadoù (Le Vieux Pays de mes Pères), l’hymne national breton.

Le Télégramme, 23 juin 2017

Sans surprise, Loïg Chesnais-Girard a été élu hier par ses pairs président du conseil régional de Bretagne. Le maire de Liffré (35), jusqu’alors premier vice-président, succède à Jean-Yves Le Drian, qui avait démissionné pour cause de poste ministériel. 53 voix sur 54 (un vote blanc), pour 83 élus régionaux. Seule la majorité (PS et apparentés) s’est rendue dans l’isoloir. Droite et Centre, tout comme le Front national, n’ont pas souhaité participer au vote. Les premiers considérant que l’élection ne résulte pas du vote direct des Bretons, les seconds le jugeant comme « un non-événement, une affaire de famille ».

Hommage à Corinne Erhel


Parmi les temps forts de ce petit moment d’histoire dans la vie politique bretonne, la minute de silence respectée par l’ensemble des élus à l’issue d’un vibrant hommage rendu par le nouveau président de Région à Corinne Erhel, conseillère régionale décédée brutalement durant la campagne présidentielle. Un moment pendant lequel on a senti beaucoup d’émotion, en particulier chez Richard Ferrand, présent. C’est désormais la socialiste de Paimpol (22) Fanny Chappé qui a repris le flambeau de Corinne Erhel dans l’hémicycle.

Loïg Chesnais-Girard a aussi rendu hommage à son prédécesseur, Jean-Yves Le Drian. Un ministre, également présent hier, qui lui a mis le pied à l’étrier à l’assemblée régionale. Le nouveau patron de l’exécutif a ensuite décrit sa feuille de route, listant trois défis : la démocratie, en plaçant le citoyen au coeur de l’action de la Région ; la création, avec une volonté d’innover et le dépassement, notamment des clivages entre territoires de Bretagne.

Hymne breton


Place ensuite à la nomination des vice-présidents. Comme nous l’annoncions, le Malouin Martin Meyrier a hérité de l’économie. Il est chargé de l’innovation, l’artisanat et les TPE. Autre nouveauté, Jean-Michel Le Boulanger, déjà en charge de la culture, a été nommé premier vice-président. Il hérite également du portefeuille de la démocratie régionale.

Enfin, cette première journée de session s’est achevée par une petite surprise. Placé sur les bancs réservés au public, l’ancien conseiller régional UDB Herri Gourmelen a entonné l’hymne breton. Il a été suivi par une partie de l’hémicycle. Après l’élection, et l’émotion, place au travail aujourd’hui.

 

 

Singapour. Les enfants chantent le Bro Gozh pour Gwennyn .

La chanteuse quimpéroise Gwennyn vient de rentrer d’une tournée à Singapour et au Vietnam à l’invitation des associations bretonnes des deux pays. A Singapour, la chanteuse a été invitée dans une école où, à sa grande surprise, les enfants ont chanté l’hymne breton Bro Gozh Ma Zadoù, en intégralité et sans une fausse note. Chapeau !

Mikael Bodlore-Penlaez: Dihunet out bremañ, ma Breizh!

Mikael Bodlore-Penlaez au ventre. Photo Michel Thierry

Texte lu par Mikael Bodlore-Penlaez lors de la remise des Prix Bro Gozh 2017 à la Cité des Congrès de Nantes.

Merci au comité Bro Gozh pour ce prix et à Tri Yann pour ce merveilleux moment que nous passons ensemble.

Des hymnes nationaux, on ne retient souvent que le refrain. Les accents guerriers occultent la poésie et l’âme des peuples qui les chantent.

Le Bro Gozh ma Zadoù n’échappent pas à la règle.

Pourtant il est à la fois un symbole de culture en perpétuelle mouvement, de lien entre les nations celtiques et des aspirations culturelles et politiques des Bretons.

Mais il est avant tout l’un des vecteurs de la poésie de la langue bretonne, il parle de montagnes et de vallées, de complaintes tristes et de chants plaisants. Son dernier couplet dit de la Bretagne que : « sa langue est restée vivante à jamais, son cœur ardent bat toujours en son sein. »

En 1898, l’auteur du texte de l’hymne breton, Taldir Jaffrenou concluait par « Tu es réveillée maintenant ma Bretagne ! ». Cela reste toujours vrai, mais c’est à nous Bretons de vivifier notre pays de Brest à Nantes, de semer notre langue pour qu’elle fasse encore germer sa poésie à travers le monde.

Trugarez da boellgor Bro Gozh eivt ar priz-mañ ha da strollad Tri Yann evit an abadenn dreist emaomp o vevañ holl asembles.

Gant ar c’hanoù-broadel e vez dalc’het soñj, peurliesañ eus an diskan nemetken. Kuzhet e vez barzhoniezh hag ene ar pobloù gant ar c’homzoù brezel.

Ar memes reolenn a zo gant ar Vro Gozh.

Kouskoude ez eo war un dro un arouez eus ar sevenadur bev, eus al liammoù etre ar broadoù keltiek, hag ivez eus klemmoù sevenadurel ha politikel ar Vretoned.

Met dreist pep tra eo ar Vro Gozh un doare da ziskouez pegen brav eo barzoniezh ar yezh. Kaoz ez eus ennañ eus ar menezioù hag an traoñiennoù, eus gwerzioù trist dudius o sonioù. Er fin ar c’han e vez lâret diwarbenn Breizh « he yezh a zo bepred ken bev ha biskoazh, he c’halon virvidik a liamm c’hoazh ‘n he c’hreiz. »

E 1898, aozer pozioù ar Vro Gozh, Taldir Jaffrenou e anv, a lâre « Dihunet out bremañ, ma Breizh! ». Chom a ra gwir atav. Met deomp eo Bretoned da reiñ buhez d’hor bro eus Brest betek Naoned, deomp da hadañ hor yezh evit ma tiwano he barzhoniezh dre ar bed a bezh.

Brest : un Bro Gozh du tonnerre pour la fête des langues

7seizh, 8 juin 2017