Euro 2016. Ces dragons Gallois, nos cousins germains.

Ouest-France, 6 juillet 2016

Ils ne pouvaient pas aller ailleurs qu’en Bretagne pour cet Euro 2016. Les Gallois (ici, Gareth Bale) résident à Dinard (Côtes-d'Armor).

Par Christian GOUEROU.

Ce mercredi soir, le match Portugal – Pays de Galles met en lumière la nation celtique. Gallois et Bretons ont des racines communes en partage. Depuis plus de quinze siècles.

Le parcours des Gallois dans l’Euro 2016 trouve un écho très particulier en Bretagne. Pour beaucoup de Bretons, le Pays de Galles, Bro Gembre en Breton (Cymru en Gallois, à prononcer avec un K au début du mot), est un pays de cousins germains.

Qu’ont-ils en commun ? La langue d’abord. Elles sont sœurs. Avec le cornique de Cornouailles, on les appelle langues brittoniques et cousines des langues gaéliques (l’irlandais, l’écossais et le mannois).

Au moment des migrations celtiques, vers le IVe et Ve de notre ère, des locuteurs brittoniques ont quitté l’île de Bretagne sous la pression des Jutes, des Angles et des Saxons pour rejoindre l’Armorique.

Un vocabulaire commun

Les deux langues partagent un vocabulaire commun. Quelques exemples : er-maez en breton / i maes en gallois pour dehors, gwenanenn / gwenynen pour l’abeille, dimerc’her et dydd Mercher pour mercredi… Et bien sûr un mot indispensable dans toutes les contrées, gwin pour dire le vin et qui se dit et s’écrit de la même façon dans les deux langues. La toponymie des deux pays celtiques comporte aussi quelques traits communs : juste un exemple entre la commune de Langolen près de Quimper et Llangollen au Pays de Galles.

Des jumelages

L’histoire récente et le développement des jumelages des deux côtés de la Manche ont favorisé des échanges. Nantes et Cardiff sont jumelées depuis 1964, Saint-Brieuc et Aberystwyth depuis 1973, Lesneven et Carmarthen, Briec et Ruthin, Plomelin et Crymych, plus récemment Pleumeleuc (35) et Llanfairfechaan. La Région Bretagne dénombre 46 jumelages Bretagne/Pays de Galles.

Au-delà d’une histoire qui au cours des siècles a façonné différemment les deux nations, le romantisme celtique du XIXe les a réunies à nouveau. Le Pays de Galles a trouvé son hymne national Hen Wlad fy Nhadau (vieux pays de mes ancêtres) écrit par Evan James et son fils James en 1856. C’est en 1898 que Taldir Jaffrennou traduit les paroles en breton pour créer le Bro gozh ma zadoù. Quand l’hymne gallois résonne dans un stade, pour beaucoup de Bretons cela évoque comme un air connu…

Gwenn ha du

Ce mercredi soir, lors du match Portugal – Pays de Galles, le premier qui réussit à compter le nombre de drapeaux bretons (le Gwenn ha du) dispersés dans la foule des spectateurs a gagné ! Mais des drapeaux bretons, on en voit partout. Il y en avait même un, remarquable, au milieu d’une foule immense, en Islande lors du retour de l’équipe nationale au pays lundi soir. Pourtant, l’Islande et la Bretagne, on vous jure, ne sont pas cousines.

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