Miss Blue, la DJ qui remixe l’hymne breton.

MissBlue

Miss Blue, de son vrai nom Bleunienn Jégou-Loarn, mixe les chants bretons. © Xavier Dubois

Ouest-France, 24 juillet 2016

À peine rentrée d’une tournée au Vietnam, Miss Blue joue à Quimper, ce soir, pour le concert de clôture du festival de Cornouaille. La DJ a dernièrement revisité le Bro gozh ma Zadoù.

Miss Blue, alias Bleunienn Jégou-Loarn, a créé le Breizh’n Bass il y a 15 ans. Cette recette mixe la musique traditionnelle bretonne et le drum and bass. Aujourd’hui, la DJ de 37 ans vit à Rennes, où elle a grandi. « J’ai également vécu à Brest pour ma maîtrise d’anthropologie, à Nantes, à Guidel, à Quimper et à Dinard », énumère-t-elle.

Le Breton, langue du coeur

Née dans une famille bretonnante et militante, elle a étudié le breton à l’école et le parle toujours. « Pour la première fois depuis 20 ans, j’ai suivi une semaine de stage d’immersion en breton (Keav) à Châteaulin. C’était génial ! Chaque langue a son caractère, et je trouve le breton plein d’humour et imagé, avec de nombreux jeux de mots. Je me sens légère quand je parle cette langue, car elle est liée à mon environnement », raconte-t-elle avec passion.

Dans sa chambre d’ado, elle n’écoutait pourtant pas de musique celtique. « J’ai fait beaucoup de danse en tout genre et j’ai écouté du reggae, de la pop anglaise et aussi du hip-hop. À 14-15 ans, j’ai découvert les concerts, et puis j’ai commencé à aller aux soirées électro. » Mais elle connaissait déjà un peu le monde du spectacle. Ainsi, la petite fille Jégou rendait régulièrement visite à ses grands-parents, propriétaires de la boîte de nuit Le Saphir, à Plomelin. Sa cousine, la chanteuse Gwennyn, s’est aussi dirigée vers le mélange des genres, entre folk breton et musique celtique.

En 2001, Bleunienn a commencé à s’intéresser aux platines, alors qu’elle étudiait à Toulouse. En rentrant en Bretagne, elle a fouillé parmi les vinyles de sa mère. Elle y a trouvé un disque des soeurs Goadec et l’a posé sur sa platine, avec un vinyle de drum and bass. Et la magie a opéré. « C’était une gavotte, je n’avais pas de difficulté à coller les deux ensemble », se rappelle-t-elle.

Alors qu’elle jouait un peu partout en Bretagne, elle s’est fait remarquer sur le site My Space, ancêtre de Facebook. Grâce à un design soigné et des créations pointues, elle est rentrée rapidement en contact avec des tourneurs internationaux. Elle a ainsi réalisé deux tournées en Chine, des concerts en Allemagne, en Tunisie, et aux États-Unis où elle a intégré le réseau de femmes DJ, Geishaz.

En 2012, Miss Blue sort son premier album intitulé Breizh’n bass, pour protéger son invention. « J’ai été reconnue, les gens pouvaient réécouter mon CD, mes titres passaient à la radio, mais on m’a étiquetée musique bretonne, alors que j’ai toujours fait de l’éclectique. » En effet, elle aime l’electro-swing, la funk ou encore la deep house, mais rejette les titres trop commerciaux.

Depuis la sortie de l’album, elle n’arrête pas. Elle a notamment remixé le Bro gozh ma zadoù, l’hymne breton, qui est cette année la chanson de la Redadeg, course en faveur de la langue bretonne. Le 21 avril dernier, elle était invitée par les Bretons du Vietnam pour la fête de la Saint-Yves, avec le duo Krismenn et Alem, et le Celtic social club. La DJ en a profité pour y faire quelques dates. « J’ai encore plein de projets en cours », conclut-elle.

Mais, pour l’heure, ce qui lui importe, c’est de faire danser le Cornouaille ! Ce soir, elle joue pour la seconde fois à Quimper. Un concert de clôture, qui promet : « Je vais jouer du breiz’n bass, en gardant parfois le tempo du kan an diskan, pour que les gens puissent danser en cercle, mais aussi d’autres morceaux pour une ambiance de dancefloor ». Derrière ses billigs, Miss Blue se tient prête.

 Pauline PHOUTHONNESY.

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Euro 2016. Ces dragons Gallois, nos cousins germains.

Ouest-France, 6 juillet 2016

Ils ne pouvaient pas aller ailleurs qu’en Bretagne pour cet Euro 2016. Les Gallois (ici, Gareth Bale) résident à Dinard (Côtes-d'Armor).

Par Christian GOUEROU.

Ce mercredi soir, le match Portugal – Pays de Galles met en lumière la nation celtique. Gallois et Bretons ont des racines communes en partage. Depuis plus de quinze siècles.

Le parcours des Gallois dans l’Euro 2016 trouve un écho très particulier en Bretagne. Pour beaucoup de Bretons, le Pays de Galles, Bro Gembre en Breton (Cymru en Gallois, à prononcer avec un K au début du mot), est un pays de cousins germains.

Qu’ont-ils en commun ? La langue d’abord. Elles sont sœurs. Avec le cornique de Cornouailles, on les appelle langues brittoniques et cousines des langues gaéliques (l’irlandais, l’écossais et le mannois).

Au moment des migrations celtiques, vers le IVe et Ve de notre ère, des locuteurs brittoniques ont quitté l’île de Bretagne sous la pression des Jutes, des Angles et des Saxons pour rejoindre l’Armorique.

Un vocabulaire commun

Les deux langues partagent un vocabulaire commun. Quelques exemples : er-maez en breton / i maes en gallois pour dehors, gwenanenn / gwenynen pour l’abeille, dimerc’her et dydd Mercher pour mercredi… Et bien sûr un mot indispensable dans toutes les contrées, gwin pour dire le vin et qui se dit et s’écrit de la même façon dans les deux langues. La toponymie des deux pays celtiques comporte aussi quelques traits communs : juste un exemple entre la commune de Langolen près de Quimper et Llangollen au Pays de Galles.

Des jumelages

L’histoire récente et le développement des jumelages des deux côtés de la Manche ont favorisé des échanges. Nantes et Cardiff sont jumelées depuis 1964, Saint-Brieuc et Aberystwyth depuis 1973, Lesneven et Carmarthen, Briec et Ruthin, Plomelin et Crymych, plus récemment Pleumeleuc (35) et Llanfairfechaan. La Région Bretagne dénombre 46 jumelages Bretagne/Pays de Galles.

Au-delà d’une histoire qui au cours des siècles a façonné différemment les deux nations, le romantisme celtique du XIXe les a réunies à nouveau. Le Pays de Galles a trouvé son hymne national Hen Wlad fy Nhadau (vieux pays de mes ancêtres) écrit par Evan James et son fils James en 1856. C’est en 1898 que Taldir Jaffrennou traduit les paroles en breton pour créer le Bro gozh ma zadoù. Quand l’hymne gallois résonne dans un stade, pour beaucoup de Bretons cela évoque comme un air connu…

Gwenn ha du

Ce mercredi soir, lors du match Portugal – Pays de Galles, le premier qui réussit à compter le nombre de drapeaux bretons (le Gwenn ha du) dispersés dans la foule des spectateurs a gagné ! Mais des drapeaux bretons, on en voit partout. Il y en avait même un, remarquable, au milieu d’une foule immense, en Islande lors du retour de l’équipe nationale au pays lundi soir. Pourtant, l’Islande et la Bretagne, on vous jure, ne sont pas cousines.

Quand on entend le Bro Gozh sur BBC Radio Cymru !

A l’occasion des retransmissions des matchs de l’équipe de Galles à Guingamp, BBC Radio Cymru a diffusé le 1er juillet dernier une interview en gallois de l’un des organisateurs ainsi que le Bro Gozh par Nolwenn Leroy . A écouter à partir de 1h18 en cliquant sur l’image ci-dessous.

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Mercredi 6 juillet, venez soutenir l’équipe de Galles !

BretagneCymru

Evit an trede gwezh eo galvet annezidi bro wengamp da zont da gannañ ar vBro gozh evit diskouezh pegen entannet omp gant skipailh mell-droad Kembre a c’hoario an hanter c’hourfenn a-enep da bPortugal. Ar c’hrogad ‘vo bannet ouzh ur skramm bras.


Pour la troisième fois le centre culturel breton de Guingamp invite les habitants du secteur à venir chanter le Bro Gozh pour montrer combien nous sommes séduits par la sélection nationale Galloise qui jouera la demi finale face au Portugal. Diffusion du match sur grand écran.

Centre Culturel Breton, 3 place du Champ au Roy, Guingamp. A partir de 20h.

Et aussi au Ceili à Quimper à partir de 20h.

Ouest-France, 6 juillet 2016

Le centre culturel breton de Guingamp diffusera, sur grand écran, la demi-finale de l’Euro qui se jouera ce mercredi 6 juillet, opposant le Pays de Galles au Portugal. Il invite le public à venir soutenir les Gallois.

Pour la troisième fois consécutive, le centre culturel breton diffusera un match de l’Euro pour soutenir l’équipe du Pays de Galles qui jouera en demi-finale face au Portugal ce mercredi 6 juillet, à 21 heures.« Nous souhaitons que le plus grand nombre de Guingampais nous rejoignent pour chanter à plein poumons l’hymne breton Bro Gozh Ma zadoù, inspiré par l’hymne gallois. Et soutenir, encore une fois, cette sélection de dragons rouges dont le soutien à la langue bretonne et à notre culture ne s’est pas démenti tout au long de ce championnat », souligne Guy Kerhervé, le président du centre culture breton.

La diffusion du match se fera sur grand écran, dans une ambiance familiale.

Ce mercredi 6 juillet, à 21 heures, centre culturel breton, place du Champ-au-Roy, Guingamp. Entrée libre.

GuingampPaysdeGallesLe Télégramme, 6 juillet 2016

Euro. En avant les Gallois avec le Centre culturel breton

Ce soir, le Pays de Galles de Gareth Bale affronte les Portugais de Cristiano Ronaldo. Pour l’occasion, le Centre culturel breton diffuse l’opposition entre les deux équipes qui jouent leur place en finale de l’Euro. Tous les amateurs de football sont invités à venir chanter à plein poumon l’hymne breton « Bro Gozh Ma zadoù », inspiré par l’hymne gallois afin de soutenir, encore une fois, cette sélection des dragons rouges.

GuingampBroGozh