Le Bro Gozh avec les enfants de Diwan an Alre.

Le Télégramme, 14 mars 2016

Durant toute la semaine, le breton est à l’honneur. Les festivités ont débuté samedi à la médiathèque de Brec’h avec de la poésie bilingue. Hier, c’est au marché d’Auray qu’on a entendu du breton… Les jeunes pousses alréennes ont en effet poussé la chansonnette. De quoi dépoussiérer une langue qu’on pensait presque éteinte.

Lundi, jour de marché. « Un petit kouign amann, messieurs dames ? », interpelle une vendeuse. Entre les pommes et l’andouille, les produits bretons font bonne figure sur les étals. 10 h 30, les premières notes de binioù bras retentissent. Les gens se massent à l’entrée de la rue du Lait. La cornemuse écossaise laisse s’échapper une mélodie qui met le chaland dans l’ambiance. Devant le magasin de La Trinitaine, Yves Hercelin gonfle les joues. Professeur au bagad de la Kevrenn Alré, il souffle dans son instrument à vent, pendant qu’on distribue des tracts. « C’est la semaine du breton », sourit un membre de l’association Ti Douar Alré. « Vous voulez un petit lexique pour aller acheter vos timbres ou votre tabac en breton ? ».

La chanson de la Redadeg


Le concert dure un petit quart d’heure et c’est ensuite au tour des petits chanteurs de prendre la relève. Treize élèves de CE2, CM1 et CM2, de l’école Diwan d’Auray, font face au public. Leur professeur Jerlad se glisse dans le rôle du chef de choeur. Entre chansons traditions et créations, les jeunes pousses bretonnes sont impressionnés, mais donnent de la voix. « Ils chantent en breton ? », s’étonne un passant. « Ah je n’y comprends rien », s’amuse un autre. Ce n’est pas le cas de tout le monde, puisque certains spectateurs entonnent les paroles en breton. « Ils répètent depuis quinze jours, trois semaines », glisse l’enseignant. Il ajoute même que des chants auraient spécialement été composés et écrits pour ce concert de rue. « Les élèves ont appris la chanson sur la Redadeg, cette course qui promeut la langue bretonne ». Pour leur final, les enfants chantent le Bro gozh ma zadoù, autrement dit l’hymne breton. « C’est facile pour eux d’apprendre le breton, ils sont jeunes », commente un badaud. Et quand on leur demande si l’apprentissage de cette langue est compliqué, Loeiza, 8 ans, répond du tac au tac : « C’est trop simple ».

Des lettres absentes de l’alphabet


Ils ont entre 8 et 10 ans et parlent breton depuis « toujours », « tout-petit », « trois ans ». Les Diwan réfléchissent parfois en breton, mais rêvent en français. Les plus farceurs profitent de la langue pour blaguer, voire même dire quelques gros mots. « Tout le monde ne comprend pas », sourient les élèves. Loeiza préfère s’exprimer en breton, même s’il y a des lettres absentes de l’alphabet comme, le « q », le « c » ou encore le « x ». Suzanne et Keridwenn, ne savent pas vraiment laquelle choisir entre les deux langues. « On les aime toutes les deux. Ce qui est drôle d’ailleurs, c’est que certains mots veulent dire la même chose, comme « rose », la couleur ».
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