Le Bro Gozh pour le championnat européen des luttes celtiques à Brest

Cocelic

Patrick Appéré, Jacques Guermont et Gaëlle Desmas tiennent dans leurs mains le trophée des espoirs féminin, qui combattront pour la première fois dans un championnat d’Europe.

Le Télégramme, le 30 mars 2016

Unique à plus d’un titre, le championnat d’Europe des luttes celtiques organisé du 18 au 23 avril à l’Arena met déjà le monde des lutteurs en ébullition. Avec déjà une certitude : l’événement se jouera à guichets fermés.

Réunir 8.000 spectateurs payants en deux jours autour des luttes celtiques : cela relevait du pari. À moins d’un mois de l’événement, avec plus de 6.000 réservations, tout indique pourtant que l’événement se jouera à guichets fermés. En deux ans, trois mouvements, l’organisation, qui partait d’une feuille blanche, est parvenue à fédérer 350 bénévoles, une centaine de partenaires, 234.000 € de budget, en associant aussi toutes les strates du monde éducatif, de l’école primaire à l’université. Impossible n’est décidément pas dans le vocable de Jacques Guermont, le maître d’oeuvre de cet événement. Avec la tangible certitude des gens au caractère taillé dans le granit, il est parvenu à entraîner dans son sillage une multitude d’énergies. Avec un objectif : « Faire entrer en pleine lumière des sportifs amateurs, en leur offrant une salle et une organisation professionnelle dignes des grands événements ». Ce pari-là est déjà en passe d’être gagné. Une vraie consécration pour des athlètes habituellement confinés à des gymnases dans un anonymat relatif.


Les USA et le Congo en renfort


La rumeur est si flatteuse que tous les lutteurs veulent en être ! Outre dix nations du gratin européen, les USA et le Congo sont venus frapper à la porte.

Ce sont donc plus de 120 athlètes qui accrocheront leurs mains dans la « roched » (chemise) avec le but de marquer un « lamm », qui est à la lutte ce que l’ippon est au judo. Plusieurs sportifs locaux joueront leur va-tout, à l’image de Mathieu Le Dour, l’un des plus grands champions de l’histoire du gouren, qui tentera son dernier défi, ou encore Virginie Kerjean, déjà championne d’Europe il y a huit ans à Tenerife… devant trois spectateurs. Mais, si le spectacle sera sur les tapis, il sera aussi en dehors, avec plusieurs soirées culturelles célébrant la vitalité de la culture celte. À commencer par une Nuit celtique, le mercredi 20 avril, au Mac Orlan, avec Clarisse Lavanant, le cercle celtique de Spézet, le bagad Bro an Aberioù, Skellig, Yoann an Nedeleg et une troupe de danse irlandaise, Les Pieds dans l’Eire.


Soirée chorales et fest-noz


Le lendemain, jeudi, grande soirée chorales à l’Espace Keraudy de Plougonvelin, avec l’Ensemble vocal de Saint-Renan et la chorale Choeur en Cavale de Brest qui interpréteront des chants en cinq langues différentes : italien, français, anglais, espagnol et breton. Un fest-noz à l’Alizé de Guipavas le vendredi soir, avec Startijenn et cinq autres groupes, achèvera de distraire les sportifs et leurs accompagnateurs. Puis, le samedi, après les finales, place au bouquet final, avec le fameux « Bro Gozh ma Zadoù » chanté par Clarisse Lavanant. Une sorte d’apothéose pour cette manifestation parrainée par Dan Ar Braz.

À noter Les places sont en vente sur le site de Cocelic.

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Le Bro Gozh avec les enfants de Diwan an Alre.

Le Télégramme, 14 mars 2016

Durant toute la semaine, le breton est à l’honneur. Les festivités ont débuté samedi à la médiathèque de Brec’h avec de la poésie bilingue. Hier, c’est au marché d’Auray qu’on a entendu du breton… Les jeunes pousses alréennes ont en effet poussé la chansonnette. De quoi dépoussiérer une langue qu’on pensait presque éteinte.

Lundi, jour de marché. « Un petit kouign amann, messieurs dames ? », interpelle une vendeuse. Entre les pommes et l’andouille, les produits bretons font bonne figure sur les étals. 10 h 30, les premières notes de binioù bras retentissent. Les gens se massent à l’entrée de la rue du Lait. La cornemuse écossaise laisse s’échapper une mélodie qui met le chaland dans l’ambiance. Devant le magasin de La Trinitaine, Yves Hercelin gonfle les joues. Professeur au bagad de la Kevrenn Alré, il souffle dans son instrument à vent, pendant qu’on distribue des tracts. « C’est la semaine du breton », sourit un membre de l’association Ti Douar Alré. « Vous voulez un petit lexique pour aller acheter vos timbres ou votre tabac en breton ? ».

La chanson de la Redadeg


Le concert dure un petit quart d’heure et c’est ensuite au tour des petits chanteurs de prendre la relève. Treize élèves de CE2, CM1 et CM2, de l’école Diwan d’Auray, font face au public. Leur professeur Jerlad se glisse dans le rôle du chef de choeur. Entre chansons traditions et créations, les jeunes pousses bretonnes sont impressionnés, mais donnent de la voix. « Ils chantent en breton ? », s’étonne un passant. « Ah je n’y comprends rien », s’amuse un autre. Ce n’est pas le cas de tout le monde, puisque certains spectateurs entonnent les paroles en breton. « Ils répètent depuis quinze jours, trois semaines », glisse l’enseignant. Il ajoute même que des chants auraient spécialement été composés et écrits pour ce concert de rue. « Les élèves ont appris la chanson sur la Redadeg, cette course qui promeut la langue bretonne ». Pour leur final, les enfants chantent le Bro gozh ma zadoù, autrement dit l’hymne breton. « C’est facile pour eux d’apprendre le breton, ils sont jeunes », commente un badaud. Et quand on leur demande si l’apprentissage de cette langue est compliqué, Loeiza, 8 ans, répond du tac au tac : « C’est trop simple ».

Des lettres absentes de l’alphabet


Ils ont entre 8 et 10 ans et parlent breton depuis « toujours », « tout-petit », « trois ans ». Les Diwan réfléchissent parfois en breton, mais rêvent en français. Les plus farceurs profitent de la langue pour blaguer, voire même dire quelques gros mots. « Tout le monde ne comprend pas », sourient les élèves. Loeiza préfère s’exprimer en breton, même s’il y a des lettres absentes de l’alphabet comme, le « q », le « c » ou encore le « x ». Suzanne et Keridwenn, ne savent pas vraiment laquelle choisir entre les deux langues. « On les aime toutes les deux. Ce qui est drôle d’ailleurs, c’est que certains mots veulent dire la même chose, comme « rose », la couleur ».
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