La reine Leroy …. et le Bro Gozh !

Les Echos, le 2 août 2013

Sur la pochette de son album « Bretonne », sorti en 2010, on voit Nolwenn, cinq ou six ans, pas plus, déguisée en Bigouden, un bonnet de dentelle sur la tête. Le cliché a été pris par sa mère dans les rues de Locronan, petit village du Finistère, un jour de promenade. Les yeux azur qu’on lui connaît aujourd’hui sont déjà bien là, incrustés comme deux grandes billes insondables. Profondes et tristes. Le Finistère, c’est là que Nolwenn est née, en 1982. A Saint-Renan. Elle a ensuite grandi à Kersaint-Plabennec et Guingamp avant de quitter la Bretagne pour l’Auvergne après le divorce de ses parents alors qu’elle n’a que onze ans. Une séparation douloureuse. Les changements de patronymes parlent d’eux-mêmes. Nolwenn est née Le Magueresse, du nom de son père, le footballeur Jean-Luc Le Magueresse. A l’heure de trouver un nom de scène, elle optera pour le nom de sa mère, Leroy.

La Bretagne, pour Nolwenn, rime donc avec enfance et nostalgie. La petite fille rêveuse et aventurière se souvient de balades solitaires sur la plage, elle qui pouvait passer des heures à observer la mer et ramasser des coquillages. Ses racines sont indéniablement à l’Ouest.

Après un premier album formaté « Star Academy », dans lequel elle ne se reconnaît guère, elle sort « Histoires naturelles », écrit (en partie) et réalisé par Laurent Voulzy. Les deux connaissent un certain succès. Son troisième disque, « Le Cheshire Cat et moi », fait un bide. C’est en 2010 qu’elle sort « Bretonne », album de reprises de chansons du répertoire breton. Nolwenn Leroy chante en français, breton et gaélique, « Tri Martolod », « La Jument de Michao » ou « Bro Gozh va Zadoù ». Des classiques.

Personne n’y croit vraiment. Et pourtant, l’album, réalisé par Jon Kelly, le producteur de Kate Bush et Mc Cartney, bat tous les records. Il s’écoule à plus de 1 million d’exemplaires, devenant par là même la plus grosse vente française de l’année 2011. Nolwenn Leroy devient la meilleure ambassadrice de la région, parfait son breton… Elle enchaîne les tournées, remplit les salles et fait danser la France sur fond de biniou.

Comme un poisson dans l’eau

Sur la scène du Festival interceltique de Lorient, elle sera donc comme un poisson dans l’eau. Comme une sirène plutôt, si l’on en croit la pochette de son nouvel album « Ô filles de l’eau », où elle pose en femme poisson, fidèle, en bonne Bretonne, à son amour pour l’ésotérisme. Cette terrienne, qui a fait des études de droit et le conservatoire, où elle suivit une formation classique, a également toujours été fascinée par les contes et les légendes qui l’ont bercée. De Merlin à Lancelot du Lac en passant par les secrets de la forêt de Brocéliande. Toute une mythologie présente sur ce nouvel album aux sonorités incontestablement celtiques. On ne change pas une formule qui gagne !

Esther Dubois

Note du PBGmZ: Nolwenn Leroy a reçu en 2012 le Prix Bro Gozh à Guipavas.

 

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s