Bretagne-Mali avec le Bro Gozh

Les Cahiers du Football, 30 mai 2013

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« ILS SONT SUR LA BREIZH »

Reportage – Ambiance mardi soir, près de Nantes, pour ce match entre l’équipe nationale du Mali et la sélection de Bretagne. Nationale, la sélection?

Un énorme grain vient d’inonder le stade de Carquefou, ville qu’on ne présente plus comme la banlieue cossue nantaise mais bien comme une équipe de football rivale des voisins en jaune et vert. En ce mardi soir, le préposé au micro s’amuse: « Amis du Mali, soyez les bienvenus en Bretagne ». L’enjeu est différent pour les deux équipes: les Maliens préparent deux rencontres de qualification pour la prochaine coupe du monde. L’équipe de « Breizh », elle, tâte le terrain auprès des fédérations française et internationales pour savoir à quel point elle peut dire « on existe ».

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Dans la tribune d’en face, Erwan et ses potes entonnent « l’hymne national » (NDLR: le Bro Gozh) qui a plus de succès que le classique « Nous sommes les Bretons/ et nous allons gagner… »

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Le Bro Gozh en Corse avec la chorale Iroise

La Dépêche du midi, le 28 mai 2013

Lors du week-end de l’Ascension, la chorale La Clef de Saïx et le groupe musical occitan Los d’Endacom ont participé au festival interchorales Coralisula 2013 à L’Ile Rousse, en Corse. Cet événement organisé par le groupe balanéen Cantemu Inseme répondait à une invitation exprimée lors de leur concert à Saïx et Labruguière en octobre 2011. Ce festival a donné l’occasion à La Clef de Saïx de retrouver pour la quatrième fois la chorale bretonne Iroise venue de Plouzané (Finistère) et au groupe occitan Los d’Endacom de faire leur connaissance. Plusieurs concerts ont eu lieu en différents sites de l’Ile de Beauté.

Moments forts de cette manifestation : un défilé musical dans les rues ponctué par une symphonie d’hymnes régionaux (sic !) : le breton «Bro gozh ma zadoù», l’occitan Se canta et bien sûr le corse «Dio vi salvi regina» et, sur les marches de la mairie (avant la réception officielle), quand près de 170 participants ont chanté tous ensemble, provoquant la stupéfaction des spectateurs venus assister à l’édition Coralisula 2013.

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« J’espère bientôt être capable de chanter le Bro Gozh »

Ouest-France, 13 mai 2013

La première promo du diplôme d’études celtiques à Rennes 2

Treize étudiants, plus ou moins jeunes, viennent d’achever leur année de formation. Le plus ancien diplôme universitaire de Rennes II, rouvert à la rentrée dernière, espère accueillir 25 candidats l’an prochain.

Depuis quelques années, les cours du département de breton et celtique de l’Université de Rennes II sont uniquement dispensés en langue bretonne, les options en français ayant été supprimées. Ce qui aurait pu conduire, note Ronan Le Coadic, professeur, « à réduire au seul cercle des initiés la portée de lenseignement relatif à la Bretagne et aux pays celtiques. »

photo Ouest-France

photo Ouest-France

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« Un air différent »

Dispensée en français (avec une option langue bretonne) la formation s’adresse à tous ceux, étudiants, enseignants, retraités, membres d’associations culturelles, qui souhaitent approfondir leur connaissance de la Bretagne par une approche pluridisciplinaire combinant l’histoire, la géographie, la sociologie, l’ethnologie, la littérature, la musique, les arts plastiques, etc. Les 120 heures de cours de l’année universitaire sont dispensées à des horaires compatibles avec une activité professionnelle.

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C’est précisément cette pluridisciplinarité de l’enseignement qui a enthousiasmé Sylvie Salmon, l’une des treize étudiantes de la première promotion du nouveau DU breton et celtique. Après avoir dirigé durant sa vie professionnelle le terminal d’un grand aéroport de Paris, cette Champenoise d’origine, jeune retraitée, s’est installée à Rennes il y a trois ans. Diplômée d’arts appliqués, elle a déjà exposé sa peinture à l’orangerie du Thabor. « J’ai vite perçu que l’air respiré en Bretagne n’était pas le même qu’ailleurs. Qu’on n’y pensait pas tout à fait de la même façon, explique-t-elle, ma curiosité a été piquée, je me suis dit qu’il y avait de vraies particularités. J’ai voulu mieux comprendre ces différences ». Sylvie Salmon, qui espère bientôt « être capable de chanter le Bro gozh », assure avoir trouvé dans cette année d’études des réponses à ses questions et « des pistes intéressantes pour aller plus loin. »

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Du Pays de Galles à la Bretagne

Cultures bretonnes 2013 (Ouest-France), page 19

Dans ce numéro de Cultures Bretonnes 2013, édité par Ouest-France, Jean-Laurent Bras consacre une page au Bro Gozh, « la jeunesse retrouvée d’un hymne » C’est aussi l’occasion pour lui de revenir sur l’histoire de notre hymne national.

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Du Pays de Galles à la Bretagne.

L’histoire dit que c’est en se promenant sur les rives du fleuve Rhondda que James James, un harpiste gallois, aurait imaginé l’air puis l’aurait chanté devant son père, Evan James, tisserand et poète de Pontypridd. Ce dernier aurait écrit les paroles d’un chant initialement appelé Glan Rhondda (les rives du fleuve Rhondda) avant de devenir l’hymne patriotique gallois Hen Wlad fy Nhadau. La partition fut interprétée pour la première fois en 1857 par une chanteuse du nom d’Elisabeth John

En Bretagne, ce fut d’abord celui d’un cantique breton (à vocation antialcoolique…) écrit en 1895 par William Jenkins Jones, pasteur protestant gallois envoyé en mission à Quimper et dans le Pays bigouden En 1897, le barde François Jaffrennou, dit Taldir, compose à son tour sur la musique du Hen Wlad, les paroles du Bro Gozh ma Zadoù . Le texte sort en 1898 dans le journal La Résistance et est imprimé sur feuilles volantes. il paraît aussi dans le livre An Delen Dir (La harpe d’acier) en 1900. Les étudiants bretons de Rennes en font leur chant de ralliement. En 1903, le congrès de l’Union Régionaliste Bretonne (URB), réuni à Lesneven, proclame le Bro Gozh chant national en raison de la fraternité qui rapprochait Bretons et Gallois.

Le Bro Gozh, la jeunesse retrouvée d’un hymne

Cultures bretonnes 2013 (Ouest-France), page 19.

Dans le numéro 2013 de « Cultures bretonnes » 2013, Jean-Laurent Bras revient sur la « jeunesse retrouvée » du Bro Gozh.

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« Bretons et Gallois, mais aussi Cornouaillais britanniques et Khasis, un peuple de l’Inde, partagent depuis plus d’un siècle le même hymne.

Le Hen Wlad fy Nhadau (Vieux pays de mes Pères) a toujours été chanté à gorge déployée par les rugbymen gallois et leurs supporters. De ce côté-ci de la Manche, son pendant breton, le Bro Gozh ma Zadoù, n’était en fait véritablement connu que par les chorales et les anciens Jusqu’à ce qu’Alan Stivell, lors de la fameuse finale de la Coupe de France Rennes-Guingamp, en 2009, ne le fasse résonner dans le Stade de France. La superbe interprétation du Bro gozh par Nolwenn Leroy, sur son album Bretonne en a donné au Vieux pays de nos pères, un sacré coup de jeunesse et une diffusion qu’il n’avait jamais connu.

Cette renaissance et cette popularisation de l’hymne breton sont largement dues au travail mené depuis plusieurs années par le Comité Bro Gozh ma Zadoù, une association fondée par des militants culturels (….), la fédération des chorales d’expression bretonne Kanomp Breizh, la fédération des comités de jumelage Bretagne – Pays de Galles, l’Institut Culturel de Bretagne et la municipalité de Lesneven qui vit, en 1903, l’adoption du Bro gozh comme hymne national breton.

Après avoir décerné le Prix Bro Gozh à Alan Stivell en 2011, puis à Nolwenn Lroy en 2012, le prix 2013 sera attribué au Stade Rennais qui diffuse l’hymne breton avant chacun de ses matchs à domicile. C’est d’ailleurs au stade de la route de Lorient que le prix devrait lui être officiellement remis, le 18 mai prochain ( Note du Comité: en fait, en novembre 2013) .

« Emsav »: à la lettre B, le Bro Gozh ma Zadoù

Dictionnaire critique, historique et biographique, par Georges Cadiou.

Dictionnaire critique, historique et biographique, par Georges Cadiou.

Vient de paraître aux Editions Coop Breizh, un livre du Quimpérois Georges Cadiou, Emsav, un dictionnaire très personnel consacré au mouvement breton.

A la lettre B, l’on trouve bien entendu le Bro Gozh ma Zadoù, présent par ailleurs dans de nombreux autres articles du livre.

Bro gozh ma Zadoù

L’hymne national breton. Il signifie en langue bretonne, « le vieux pays de mes ancêtres ». Il a été adapté par Taldir Jaffrennou en 1897 d’un chant gallois (« Hen Wlad fy Nhadau ») écrit par un tisserand Evan James, et mis en musique par son fils james, en 1856 à Pontypridd au sud du pays de Galles. C’est l’hymne gallois que l’on entend sur les terrains de rugbyà l’occasion du Tournoi des 6 Nations. le pasteur gallois William Jenkyn Jones apporte ce chant dans ses bagages lorsqu’il s’installe à Quimper en 1888. Il en fait même une adaptation en breton en 1895. C’est ce chant qu’a repris Taldir, en le modifiant légèrement.

Le « Bro goz » ( « Bro gozh » dans l’orthographe unifiée utilisée aujourd’hui) est décérté « chant national breton »  en 1903 à Lesneven au Congrès de l’Union Régionaliste Bretonne. mais il mettra beaucoup de temps à s’imposer en dehors du cercle restreint de l’Emsav. Aujourd’hui, il est reconnu comme hymne breton. Il a été joué puis chanté par Alan Stivell et la garde républicaine, lors de la finale bretonne de la Coupe de France de football, entre Rennes et Guingamp, au Stade de France, en mai 2009 ! Mikael Baudu a consacré un documentaire télévisé au Bro Gozh, retraçant son histoire et les débats qu’il a suscité.