Le Bro Gozh : « Un hymne porteur d’aucune haine de l’autre »

La Bretagne, parlons-en ! , 7 juin 2012

Après Alan Stivell l’an dernier, Nolwenn Leroy a reçu le Prix Bro Gozh ma Zadoù 2012. Pour avoir fait connaître, comme sans doute personne auparavant, l’hymne breton. L’un des rares hymnes nationaux qui ne soit porteur d’aucune haine, d’aucun rejet de l’autre, rappelle Jean-Michel Le Boulanger, vice-président du conseil régional.

Sur la scène de Guipavas : Lleuwen Steffan, Alan Stivell, Nolwen Leroy et Goulvena an Henaff, présentatrice de la soirée. Photo JL Bras

Le Comité Bro Gozh (Poellgor Bro Gozh ma Zadoù) espérait remplir une salle de 800 places. Malgré une reconfiguration de l’Alizé, à Guipavas, permettant d’ajouter 200 sièges, c’est à guichets fermés que le prix Bro Gozh 2012 a été remis, mardi soir 5 juin, à Nolwenn Leroy. « On s’est fait rouspéter par plein de gens qui auraient voulu venir… » se désole un responsable de Sked, l’association culturelle brestoise, partenaire de cette soirée. Une soirée exceptionnelle, par son rythme, sa simplicité et son authenticité. Jusqu’à l’apothéose, le final, mille personnes debout, evel just, chantant le Bro Gozh ma Zadoù avec Nolwenn Leroy, Alan Stivell, Lleuwen Steffan Bretonne et Galloise qui interprétera un couplet en gallois, Didier Squiban et Alain Trévarin, les enfants de Skolaj Diwan Gwiseni, les chorales Kanerien Sant Karanteg, Mouezh Paotred Breizh et le bagad Plougastel au grand complet prouvant définitivement que le Broz Gozh se prête aussi à la musique de bagad !

Le Stade de Rennes en 2013 ?

Forts de ce succès, Jacques-Yves Le Touze, président du Comité et son équipe ont déjà des idées pour l’an prochain. Ils voudraient accueillir, pour la première fois en Bretagne, une délégation de Kasis, ce peuple indien installé sur les contreforts de l’Himalaya et qui partage, avec la Bretagne, les Cornouailles, et le Pays de Galles, le même hymne hérité des Gallois. Le Roi des Khasis lui-même et sa garde d’archers en grande tenue sont prêts à faire le voyage. Vers Rennes ? Il se dit en effet que le Stade de la Route de Lorient se prêterait bien à la célébration du 110e anniversaire de l’adoption du Bro Gozh comme hymne national breton par l’Union régionaliste bretonne. D’autant mieux que le Stade Rennais, qui fait résonner le Bro Gozh dans son enceinte, pourrait aussi figurer sur la liste des nominés pour le prix 2013…

 

Nolwenn Leroy :  « Une belle ouverture »

« Je crois au caractère universel et intemporel de la musique celtique. Je connaissais le Bro Gozh, j’ai pensé qu’il avait forcément sa place sur mon album Bretonne. Je suis heureuse d’avoir fait découvrir le Bro Gozh à toute la France, en Europe, à des jeunes qui ignoraient l’existence même de la langue bretonne. Quand je le chante à Marseille, les Marseillais le reprennent ! Ce n’est pas une belle ouverture ? »

 

Jean-Yves Le Drian : « Un symbole fort »

Le président de la Région Bretagne (et ministre de la Défense) : « Le Bro Gozh ma Zadoù, hymne national dont la musique est commune aux Bretons et aux Gallois est un symbole fort d’unité de destin entre nos deux peuples. La Région Bretagne et le gouvernement gallois ont signé des accords de coopération qui viennent sceller des échanges déjà anciens ».

 

Lena Louarn : « Une source d’inspiration »

La vice-présidente du conseil régional en charge des Langues de Bretagne :« Le Pays de Galles est aujourd’hui source d’inspiration pour la Bretagne. La culture contemporaine du Pays de Galles reste peu connue en Bretagne et l’inverse est tout aussi vrai. Il reste de vastes domaines à explorer pour le plus grand bien des deux pays ».

Jean-Michel Le Boulanger : « International et humaniste »

Le vice-président du conseil régional chargé de la Culture : « Nous savons d’où viennent les hymnes. Le XIXe siècle a été celui des hymnes nationaux, souvent synonymes de nationalisme. L’hymne des Gallois, des Bretons, des Cornouaillais et des Khasis est l’un des seuls qui ne soit porteur d’aucune haine, d’aucun rejet de l’autre. Il dit simplement l’attachement d’un peuple à sa terre natale. Ce chant, si simple et si beau, le vieux pays de nos pères, hymne au respect de toutes les racines, de toutes les diversités, de toutes les dignités, peut être chanté par toutes les couleurs de peau. Et si ce chant nous parlait aussi de la terre, de cette vieille terre qui est nôtre ? Au-delà des patries, en les respectant toutes, une patrie commune, pour construire ensemble une humanité nouvelle. En ce sens, le Bro Gozh est international et humaniste ».

 

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