Nolwenn Leroy, « fière » de chanter le Bro Gozh

Ouest-France le 6 juin 2012

Un an après Alan Stivell, son ami et mentor en musique celtique, la chanteuse de Bretonne a reçu hier soir, chez elle, au Pays de Brest, le prix 2012 encourageant la diffusion de l’hymne breton.

À la veille de l’élection présidentielle, Nolwenn Leroy avait refusé de participer à la grande manifestation en faveur des langues et cultures régionales, à Quimper. Non pas que cette cause l’indiffère, mais, dit-elle, parce « qu’on lui avait mis une pression insupportable ».

En revanche, lorsque Jacques-Yves Le Touze et les membres du Comité Bro Gozh lui ont fait savoir qu’ils souhaitaient lui attribuer leur prix 2012, elle a d’emblée accepté. « C’est un honneur, une fierté, surtout après mon ami Alan Stivell », glisse-t-elle.

« Une belle ouverture »

Au prix d’un petit risque politique, car cet hymne breton est aussi revendiqué comme « hymne national » breton ? « J’ai assez de conviction et de caractère pour n’être récupérée par qui que ce soit, tranche l’artiste au tempérament bien breton, si je le chante, c’est par amour de cette langue et de cette culture ».

D’ailleurs, ajoute Nolwenn Leroy, « personne ne m’a demandé d’interpréter le Bro Gozh, on ne m’a pas dit que ça ferait bien sur l’album Bretonne. Le le connaissais, j’ai pensé qu’il y avait forcément sa place ».

Une sincérité qui a séduit le jury du Comité et fait taire les rares sceptiques considérant qu’une artiste de variété française, si talentueuse soit-elle, n’aurait pas de légitimité à interpréter ce chant ou d’autres, en breton. Nolwenn Leroy elle-même les met à l’aise : « Je ne revendique rien, je ne suis pas à la base une chanteuse de musique celtique, mais je crois au caractère universel et intemporel de cette musique. Quand de mauvaises langues parlent de communautarisme, je suis très heureuse d’avoir fait découvrir le Bro Gozh à toute la France, en Europe, à des jeunes, qui ignoraient l’existence même de la langue bretonne. Quand je le chante à Marseille, les Marseillais le reprennent ! Ce n’est pas une belle ouverture ? »

Plus d’un million d’albums de Bretonne (double disque de diamant !) se sont déjà vendus dans le monde. Humble, Nolwenn Leroy avoue que « ce succès me dépasse. »

Celle qui continue l’apprentissage du breton à la Mission bretonne de Paris n’a donc pas l’intention de l’oublier. Sur son prochain album, elle aimerait chanter la grande poétesse Anjela Duval, dont elle a déjà repris Karantez ar Vro, un texte qui lui parle « en tant que femme ».

Jean-Laurent BRAS.

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